1. Pourquoi a-t-il été nécessaire de 'calculer' la DIF? N'y a-t-il pas déjà un recensement pour identifier les francophones?
C'est une excellente question. En fait, toutes les définitions de francophone sont dérivées des mêmes données à la source : les recensements de Statistique Canada, réalisés tous les cinq ans. Ces recensements sont basés sur les réponses à une série de questions, qui s'articulent autour de sous-catégories. Cette fragmentation des réponses en sous-catégories aide à donner une image plus fine et subtile de la population, mais ouvre également la porte à plusieurs formes d'interprétation. Dans ce cas-ci, l'OAF a formulé une approche capable d'élargir la définition de francophone.
2. Quels francophones la DIF inclut-elle? Qui exclut-elle? Pourquoi?
La DIF va chercher parmi les personnes dont la langue maternelle n'est pas le français ceux et celles qui ont la connaissance du français, et qui le parlent à la maison.
Elle exclut toutefois les personnes parlant le français lorsque celles-ci ont identifié l'anglais comme leur langue maternelle.
Cette approche repose sur la présomption que pour ces derniers, ils reçoivent leurs services dans leur langue de la part du gouvernement.
3. Quel a été le processus de consultation suivi par l'OAF pour la formulation de la DIF?
L'OAF s'est attachée à consulter les parties prenantes aux niveaux techniques et communautaires :
Au niveau technique, l'OAF a bénéficié du soutien des spécialistes de Statistique Canada; d'une experte-conseil indépendante; de l'analyste principale de la Fondation Trillium; et des spécialistes des différents ministères provinciaux.
Au niveau communautaire, la DIF a reçu l'aval des membres du conseil d'administration de l'AFO, ainsi que du comité consultatif provincial de la ministre déléguée aux affaires francophones.
4. Définition de la DIF:
La variable est calculée à partir de trois questions du recensement concernant la langue maternelle, la langue parlée à la maison et la connaissance des langues officielles.
La DIF estime le nombre de personnes qui ont le français comme langue maternelle auxquelles on ajoute les personnes qui n'ont ni le français ni l'anglais comme langue maternelle (allophones) mais qui parlent français.
5. Quelle est la différence entre les estimations par la langue maternelle et la nouvelle définition de francophone?
La langue maternelle dénombre les francophones uniquement sur la base du critère français comme la ou une des "langues apprises à la maison dans l'enfance et encore comprise" (au moment du recensement).
La DIF élargit l'indicateur langue maternelle auquel elle ajoute les personnes qui parlent français, dont la langue maternelle n'est ni le français ni l'anglais et pour lesquelles le français est l'une des langues parlée à la maison.
Pour cela elle tient compte de la connaissance du français et de la langue parlée à la maison.
6. Peut-on comparer le nombre de francophones obtenu avec la DIF avec ceux estimés par la langue maternelle ou la variable première langue officielle parlée?
Oui, il est possible de comparer les résultats obtenus selon les trois mesures différentes de la population francophone, mais jusqu'à un certain point. D'abord, pour le recensement de 2001, il faut attendre encore quelques mois avant de pouvoir obtenir le nombre de francophones obtenu avec la DIF. D'autre part, pour le recensement de 2006, l'Office des affaires francophones cesse d'utiliser les données selon la langue maternelle, ce qui limite alors les possibilités de comparaisons entre les trois variables.
7. La DIF est-elle ou sera-t-elle accompagnée de nouveaux fonds?
Non. Il s'agit d'une définition statistique et non d'un nouveau programme gouvernemental.
8. La DIF va-t-elle élargir les droits relatifs à l'instruction dans la langue de la minorité?
Non, des amendements à la loi seraient requis.
9. Quel est l'impact de la DIF pour ces francophones qu'elle inclut dorénavant? Auront-ils de nouveaux droits? Pourquoi?
Non. Il faut comprendre que la DIF n'a pas vocation à donner de nouveaux droits ou privilèges. La DIF, en fait, n'a pas d'impact au niveau individuel mais au niveau collectif, en ce qu'elle modifie le profil statistique de la communauté francophone en Ontario.
La DIF aura toutefois un impact profond au niveau personnel en termes de fierté et d'appartenance. Plusieurs individus ou familles, vivant profondément leur appartenance à la communauté francophone, en étaient exclus au plan statistique jusqu'à maintenant. La DIF corrige ainsi l'approche réductrice de la définition précédente.
10. La DIF va-t-elle forcer les ministères à changer les affichages des services provinciaux? Va-t-elle forcer le gouvernement à offrir davantage de SEF? Pourquoi?
La DIF n'a pas de force légale. Les ministères sont sujets au respect de la Loi sur les SEF, et le gouvernement maintient son engagement à 'l'offre active' de SEF. Dans ce contexte, l'impact de la DIF portera sur la capacité de certaines communautés à justifier leur démarche éventuelle de désignation sous le coup de la Loi. La désignation reconnait à la fois une réalité démographique et politique d'une communauté.
La DIF inclut par exemple une personne née: