La ministre

Discours de l'honorable Madeleine Meilleur Ministre de la Culture et ministre déléguée aux Affaires francophones

à l'occasion de la 15ème Conférence annuelle
de l'Association française des municipalités de l'Ontario

17 septembre 2004

Mesdames et messieurs, bonjour.

Je suis ravie de me retrouver parmi vous aujourd'hui. Je me sens un peu comme si je retournais dans ma grande famille municipale.

Je tiens, avant toute chose, à féliciter le directeur général Réjean Nadeau, le président Jacques Hétu et leur équipe dynamique pour le beau travail qu'ils font tout au long de l'année, et pour l'excellente conférence qu'ils ont organisée.

Il n'y a pas si longtemps, j'avais le plaisir d'assister aux événements de l'AFMO en tant que conseillère municipale.

Comme conseillère de la Ville d'Ottawa, j'ai été en mesure de constater le dynamisme de l'AFMO. J'ai vu combien vous jouez un rôle important au sein des communautés francophones et dans l'ensemble de l'Ontario.

Bien que dans mes fonctions de ministre déléguée aux Affaires francophones et ministre de la Culture, j'ai une toute autre perspective, mon appréciation de l'AFMO n'est pas moindre.

Aujourd'hui je veut rendre hommage et vous témoigner mon appréciation pour votre célébration et le travail extraordinaire que vous faites chacun dans votre milieu.

Je voudrais aussi saluer chaleureusement mon collègue d'Ottawa-Vanier, Mauril Bélanger, Ministre et Leader adjoint du gouvernement à la Chambre des communes.

Je suis heureuse que mon ami Mauril soit aussi le ministre responsable des langues officielles.

Avec lui à la barre, le dossier des langues officielles ne fera que progresser.

Mauril et moi poursuivons nos échanges et nous collaborons de très près dans les dossiers d'intérêt pour la communauté francophone.

C'est grâce à l'AFMO et des gens comme vous, que nous, les francophones, sommes encore ici en Ontario, pour célébrer 400 ans de présence française en Amérique du nord.

Nous avons beaucoup à célébrer!

C'est en septembre 1975 que notre drapeau franco-ontarien a été hissé pour la première fois à Sudbury.

Aujourd'hui il flotte aussi sur Cornwall, et sur beaucoup de villes et de villages ontariens.

Je pense aussi à la ville de Brampton.

À l'Office des affaires francophones, on travaille actuellement à l'éventuelle désignation de Brampton comme 24e région désignée en Ontario.

C'est grâce aux gens comme vous que nos collectivités sont fortes, que nous sommes fiers, et que nous sommes et serons toujours francophones.

Et c'est grâce aux gens comme vous qui savent persévérer et travailler ensemble, que nos communautés s'épanouissent.

Le gouvernement de Dalton McGuinty partage avec vous cette volonté de collaboration et de persévérance.

Je sais, par exemple, que mon collègue, le ministre des Affaires municipales et du Logement, Monsieur Gerretsen a parlé des mesures de collaboration qu'il met en place pour donner plus de pouvoir aux municipalités, tant rurales qu'urbaines.

Le thème de cette conférence [Un regard nouveau sur la gouvernance : un défi quotidien] cadre bien avec les orientations de notre gouvernement.

Nous avons aussi un nouveau regard sur la gouvernance.

Comme gouvernement, on ne dit pas « ça ne nous regarde pas ».

Tout ce qui concerne l'Ontario fait partie de notre vision.

On ne dit pas « ça ne vous regarde pas ».

Parce que notre vision de l'Ontario inclut la collaboration avec les municipalités.

C'est en travaillant avec vous, avec tous nos ministères, et avec d'autres paliers de gouvernement que nous pourrons nous assurer que les Franco-Ontariennes et les Franco-Ontariens jouissent pleinement d'une vie prospère et heureuse dans notre province.

Permettez-moi de citer quelques exemples de collaboration d'intérêt pour les francophones.

Grâce à l'aide des ministères de la Santé et des Soins de longue durée, des Services sociaux et communautaires, et du Procureur général, nous allons accroître le nombre d'agences de transfert de paiements qui offrent des services en français.

L'Office des affaires francophones collaborera avec le ministère des Affaires municipales et du Logement à l'élaboration de programmes pour aider les municipalités à améliorer la prestation des services en français.

L'Office des affaires francophones négocie le renouvellement de l'entente avec Patrimoine Canadien pour aider les ministères à accroître l'accès aux services en français dans des domaines autres que l'éducation.

Je travaille de très près avec mes collègues du Conseil des ministres et autres partenaires clés pour garantir le maintien des services en français lorsque des changements sont apportés à la prestation des services gouvernementaux.

Lors de la Saint-Jean Baptiste, en juin dernier, j'annonçais la création du Comité consultatif provincial sur les services en français pour que les francophones puissent intervenir dans la planification et le développement des services en français.

Avec ce comité, nous réalisons notre engagement de consulter les Franco-Ontariens sur les décisions gouvernementales qui les touchent.

Depuis l'automne dernier, un bon nombre de francophones ont été nommés aux conseils d'administration d'organismes gouvernementaux. C'est un début.

Il faut faire plus.

Nous devons encouragez les membres de vos municipalités à soumettre leurs candidatures au Secrétariat des nominations et à leur député.

Vous devez allez rencontrer vos députés afin qu'ils connaissent davantage leur communauté francophone.

Les conseils du Comité consultatif, de l'AFMO et des Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens nous sont précieux.

On l'a vivement constaté dans le dossier touchant le bilinguisme de la ville d'Ottawa. On vous écoute sur l'Immigration.

Le 7 mai dernier, la ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration du Canada et la ministre des Affaires civiques et de l'Immigration de l'Ontario ont signé une lettre d'intention qui permettra aux municipalités de participer aux négociations visant l'établissement d'une entente sur l'immigration entre le Canada et l'Ontario.

Les deux gouvernements se sont engagés à créer un comité municipal chargé d'élaborer des protocoles précisant les modalités de la participation des municipalités à l'immigration.

On vous écoute sur l'Entente de coopération entre le Québec et l'Ontario qui a pour but d'améliorer la qualité de vie des citoyens des deux provinces.

L'initiative Ontario-Québec ciblera, dans un premier temps, les secteurs des soins de santé, des transports, de l'environnement, des ressources naturelles, du tourisme, de la sécurité publique et des affaires francophones.

Nous vous avons appuyés dans votre étude visant à identifier les outils et les appuis requis pour garantir la gestion et la livraison des services municipaux.

Nous avons hâte de lire les résultats de l'étude cet automne.

Tout en célébrant 400 ans de présence française en Amérique du Nord, nous reconnaissons également l'importance de notre place au sein de la communauté francophone internationale.

L'Ontario est résolu à devenir membre de l'Organisation internationale de la francophonie. Et je sais que je pourrai compter sur l'appui de mon collègue Mauril Bélanger dans ce dossier.

La présence de l'Ontario faciliterait l'ouverture de débouchés économiques et de partenariats avec les 56 pays et gouvernements qui se servent de la langue française et partagent des valeurs communes.

Une autre action de notre gouvernement nous permettra de travailler ensemble pour protéger notre patrimoine.

En fait, ma présence parmi vous ce matin me fait doublement plaisir.

Parce que je suis aussi Ministre de la Culture. J'ai donc le plaisir de vous parler du projet de loi 60, Modifications apportées à la Loi sur le patrimoine de l'Ontario.

J'ai dit que le Gouvernement de Dalton McGuinty était à l'écoute des municipalités.

Nous vous avons également écoutés quand les administrations municipales se sont vues impuissantes à sauvegarder des édifices ou des endroits historiques.

On nous a cité exemple après exemple de sites et de bâtiments du patrimoine architectural qui ont été démolis en dépit de leur importance historique et patrimoniale, sans même songer à leur potentiel économique en tant qu'attractions touristiques culturelles.

Un des changements à la loi les plus importants - les nouveaux pouvoirs municipaux permettant d'empêcher la démolition des propriétés patrimoniales - accordera aux municipalités les outils voulus pour empêcher, et non pas simplement retarder, la démolition des biens patrimoniaux.

Une autre modification importante accordera de nouveaux pouvoirs provinciaux permettant d'identifier et de désigner des sites du patrimoine revêtant une importance provinciale, de même que la capacité d'interdire la démolition de ces sites.

Nous avons besoin de lois fortes et efficaces pour protéger notre patrimoine.

J'apprécie beaucoup le soutien accordé par l'AFMO aux modifications que nous proposons d'apporter au projet de loi.

La langue, la culture, le patrimoine ont façonné - et continuent de bâtir - la communauté franco-ontarienne.

Notre patrimoine nous permet de savoir qui nous sommes et nous donne confiance en ce que nous pouvons accomplir.

Les modifications proposées à la Loi sur le patrimoine nous permettront d'édifier des collectivités fortes et d'améliorer la qualité de vie de l'ensemble de la population ontarienne.

Comme des représentants de mon ministère vous l'ont expliqué hier dans leur exposé, l'Ontario et d'autres provinces et territoires sont signataires de l'initiative du gouvernement fédéral Lieux patrimoniaux du Canada.

Par le biais d'outils en ligne tels que le Répertoire canadien des lieux patrimoniaux, ce partenariat fédéral-provincial-territorial supportera la création d'une culture de conservation au Canada.

Jusqu'à présent, 34 lieux historiques ont été nommés pour faire partie du répertoire canadien.

Trente-sept autres propriétés désignées sont actuellement en cours de nomination.

Et je veux demeurer sans cesse à l'écoute de vos suggestions afin que le ministère de la Culture puisse mieux tenir compte des besoins des collectivités francophones de l'Ontario.

En 2003, l'AFMO a indiqué qu'il faudrait organiser des ateliers sur les normes muséales en français.

Depuis lors et en travaillant de concert avec l'Association des musées de l'Ontario, le personnel de mon ministère a organisé plusieurs ateliers sur les normes muséales en français. D'autres sont prévus au cours du présent exercice.

De plus, le gouvernement McGuinty s'est engagé à créer une tribune de discussion ouverte pour mieux entendre la communauté culturelle.

Le Comité consultatif ministériel pour les arts et la culture nous donnera l'occasion d'entendre le point de vue de la communauté artistique et culturelle et d'obtenir ses conseils.

Il a fallu du temps pour établir les modifications à Loi sur le patrimoine afin de s'assurer qu'elles soient solides.

Nos consultations sur la prestation des services en français sont en cours.

Il faut qu'on soit également prudent et aller doucement pour bien bâtir nos plans.

Si non, ça s'écroulera comme un bâtiment érigé en vitesse. § Nous avons réussi à sauver nos édifices historiques parce qu'ils étaient bien bâtis, et ils sont toujours solides.

Il faut le même effort pour que notre langue, notre culture et notre patrimoine soient transmis à nos petits-enfants.

Il faut surtout leur transmettre cette fièrté d'être francophone en Ontario.

On dit souvent " Si les mûrs pouvaient parler ".

Comme vous le voyez, nous sommes un gouvernement a l'écoute.

Nous, qui savons apprécier notre patrimoine, notre culture, nous savons bien que les mûrs de la francophonie nous parlent.

Ils nous parlent de notre passé, de notre patrimoine.

Et, grâce à vous, des gens d'ici, ils nous parlent et nous parleront toujours en français.

Merci.