Hôtel Beauséjour
Moncton, Nouveau-Brunswick
Le jeudi 14 octobre 2004
Merci de cette présentation.
En tant que Ministre de la Culture et Ministre déléguée aux Affaires francophones de l'Ontario, je suis doublement contente d'être ici.
Je félicite la Fédération culturelle canadienne-française de son excellent travail.
L'étude Recherche-action sur le lien langue-culture-éducation en milieu minoritaire francophone met en évidence les démarches variées et innovatrices entreprises dans ce domaine à l'échelle du pays.
Les constats, les défis et les pistes de solutions issus de cette étude viennent corroborer les démarches entreprises depuis quelques années par le ministère de l'Éducation de l'Ontario.
La recherche démontre clairement l'impact des arts et de la culture sur le développement identitaire de l'élève, et de son sens d'appartenance à la communauté francophone environnante.
La présence de la culture et des arts en milieu scolaire fait l'objet d'un intérêt croissant de la part des écoles, des conseils scolaires et de différents ministères de l'éducation à travers le Canada.
Permettez-moi de vous citer un exemple d'une belle réussite de collaboration entre les arts et l'éducation, administré par le Conservatoire royal de musique, et subventionnée par le gouvernement de l'Ontario.
Il s'agit d'Apprendre par les arts, qui réunit comédiens, musiciens, peintres et écrivains dans plus de 170 écoles à travers le Canada.
De concert avec les enseignants, ces artistes revitalisent l'enseignement en présentant le programme d'études de manière novatrice.
Les élèves apprennent les mathématiques, les langues, l'histoire et les sciences sociales en créant des images, en inventant des danses, en racontant des histoires et en chantant des chansons.
Au terme d'une étude de trois ans, l'Université Queen's a découvert que les élèves bénéficiant de ce programme avaient obtenu un pourcentage de 11 pour cent plus élevé en mathématiques que leurs confrères et consoeurs dans des autres écoles.
Le gouvernement ontarien est sensible à l'importance de la contribution des arts à la réalisation de notre priorité de succès pour nos étudiants.
Les recherches démontrent que les enfants qui participent à des programmes d'arts réussissent mieux, tout en acquérant de précieuses connaissances générales.
J'ai demandé à mon adjointe parlementaire, Jennifer Mossop, d'entamer des consultations auprès des intervenants et des représentants d'agences culturelles ontariennes afin de déterminer les obstacles et les occasions dans cet important domaine.
Nous travaillons aussi étroitement avec nos collègues du ministère de l'Éducation, du ministère des Services à l'enfance et à la jeunesse et du ministère de la Formation et des Collèges et Universités pour déterminer la meilleure façon d'améliorer l'enseignement des arts dans notre système scolaire public, ainsi que la formation d'apprentissage pour encourager nos jeunes à se lancer dans des carrières artistiques et culturelles pleines d'avenir.
Pour revenir à l'Étude Recherche-action sur le lien langue-culture-éducation en milieu minoritaire francophone, en général, les initiatives recensées reposent sur une base commune, soit un partenariat étroit entre les intervenants scolaires, artistiques et communautaires.
Pour se développer, une école de langue française qui endosse son mandat culturel a besoin de la collaboration soutenue de tous les intervenants.
En Ontario, nous appuyons les trois types d'initiatives retenues par l'étude.
D'abord, les initiatives émanant du milieu éducatif.
Certaines écoles offrent des programmes d'éducation artistique.
Et les conseils scolaires appuient les écoles particulièrement au niveau des fonds en animation culturelle.
Le Ministère de l'Éducation a publié des politiques dont Investir dans l'animation culturelle, et finance des projets d'animation culturelle dans les écoles de langue française de la province.
Nous avons développé une politique d'aménagement linguistique de l'Ontario pour l'éducation en langue française qui sera publiée en octobre 2004.
Cette politique représente une réflexion globale sur le lien langue-culture-éducation, et elle propose aux intervenants scolaires des pistes d'action spécifiques et systémiques.
La révision des programmes-cadres du programme de l'Ontario de la 1ière à la 12e année cernera davantage les ingrédients nécessaires à l'articulation du lien langue-culture-éducation dans la pratique pédagogique et l'enseignement en général.
Deuxièmement, nous avons des initiatives émanant du milieu culturel et communautaire.
Par exemple, des centres culturels offrent des programmes arts-étude à temps plein auquel se greffe un camp d'été, et Théâtre-Action organise chaque année un festival franco-ontarien de théâtre en milieu scolaire.
Troisièmement, nous avons des initiatives émanant du milieu artistique.
Et le conseil des arts de l'Ontario finance le programme Artistes en milieu éducatif.
Ce que nous visons, c'est une mise en oeuvre efficace de notre politique d'aménagement linguistique, qui pourra offrir aux élèves les fondements langagiers et culturels garants de la réussite scolaire.
Cette politique pourra aussi assurer une prise en charge de l'enjeu et des défis posés par le lien langue-culture-éducation.
La prise en charge exige l'apport des jeunes eux-mêmes dans les différents plans d'action qui seront issus de la politique ministérielle et de celle des conseils scolaires.
Elle repose sur la relation familles-école-communauté.
Elle prend en compte l'apport et l'intégration des nouveaux arrivants à la collectivité francophone, tout en protégeant les identités culturelles régionales.
Recevoir des nouveaux arrivants, c'est important pour toutes nos provinces.
Mais, en Ontario nous savons que c'est également important ces jours-ci pour nous de franchir nos frontières, et nous sommes résolus à devenir membre de l'Organisation internationale de la francophonie.
La présence de l'Ontario faciliterait l'ouverture de débouchés économiques et de partenariats avec les 56 pays et gouvernements qui se servent de la langue française et partagent des valeurs communes.
Notre langue et nos valeurs sont à la base de l'étude de la Fédération culturelle canadienne-française.
Il est indéniable que les recommandations de votre étude sont bien fondées puisqu'elles reposent sur la concertation, la collaboration et le dialogue.
Ce sont là des facteurs essentiels à la mise en place d'interventions aux plans provinciaux et national.
Ils auront pour effet de permettre aux jeunes de développer leur sens d'appartenance à une culture francophone dynamique et unique.
Les jeunes, c'est notre avenir.
Avec de tels programmes, et avec la ténacité que les francophones ont bel et bien démontré pendant quatre siècles en Amérique du Nord, je suis convaincue que cet avenir sera brillant.