La ministre

Discours de l'Honorable Madeleine Meilleur
Ministre déléguée aux Affaires francophones et Ministre de la Culture

au Lancement de la politique d'aménagement linguistique Hôtel Sheraton Centre Toronto

Le mardi 26 octobre 2004

Merci de cette présentation.

Je suis vraiment enchantée d'être parmi vous à l'occasion du lancement de la nouvelle Politique d'aménagement linguistique pour l'éducation en langue française.

Ce lancement est un moment historique parce qu'il s'agit de la première politique de ce genre au Canada.

C'est un grand moment aussi parce que notre gouvernement est déterminé à faire du système d'éducation publique de l'Ontario, le meilleur au monde.

Et cela s'applique pleinement à l'éducation en langue française.

Permettez-moi de vous parler des grands principes qui nous ont guidé dans l'élaboration de cette Politique.

Notre gouvernement veut augmenter la responsabilité institutionnelle déjà assumée par les conseils scolaires locaux.

Nous voulons renforcer les partenariats avec la communauté francophone élargie.

Pour nous, autant l'école appartient à sa collectivité, autant la collectivité doit s'approprier l'éducation de ses enfants francophones.

La Politique permet de cibler, de manière systémique, les résultats que nous voulons atteindre, tout cela dans le plein respect du mandat des conseils scolaires.

Par cette politique, nous voulons contrer l'assimilation des jeunes francophones en fournissant plus de formation aux enseignantes et enseignants confrontés, sur une base quotidienne, aux défis de l'enseignement en milieu minoritaire.

Notre gouvernement croit que nous devons agir vite et avec vigueur, particulièrement dans les secteurs de l'apprentissage, du sentiment d'identité francophone, du leadership participatif qui engage les parents et du dynamisme déjà présent chez nos institutions francophones.

Tout cela, nous proposons de le faire en pleine conscience des nouveaux défis que posent la démographie et les réalités socioculturelles de l'Ontario français.

Vous savez, je pense que ça tombe bien en cette année où l'on fête le 400e anniversaire de l'arrivée de Champlain en Amérique du Nord.

Tout comme Champlain, le Ministre Kennedy ouvre de nouveaux horizons aux francophones d'Amérique, aux francophones de l'Ontario.

Je le remercie de m'avoir invitée à cet événement si important.

Je sais combien il tenait à ce que cette Politique soit mise en vigueur et je le félicite pour cette belle initiative.

Avec cet aménagement linguistique, il assure, lui aussi, l'essor du français en Ontario.

En fait, ce n'est pas seulement l'anniversaire de l'arrivée de Champlain qu'on célèbre en 2004, mais le fait que les francophones sont actifs, déterminés et foncièrement optimistes face à leur avenir malgré les défis de l'heure.

Notre langue est le fondement de notre culture, de nos communautés, et de notre survie.

Cependant, les chiffres nous montrent le déclin du français en Ontario, et l'assimilation croissante des Franco-Ontariens.

En tant que francophone et aussi en tant que Ministre déléguée aux Affaires francophones, je veux vous souligner l'importance primordiale de renverser cette tendance.

La Politique que nous annonçons aujourd'hui va contribuer de manière importante au ralentissement de l'assimilation.

Vous savez, nos écrivains sont l'un des plus beaux produits de notre système d'éducation.

Je pense à Daniel Poliquin, écrivain d'Ottawa, lauréat du Prix Trillium et de l'Ordre du Canada.

Il y a aussi Serge Denis, pour son ouvrage Sociale-démocratie et mouvements ouvriers.

Et Angèle Bassolé-Ouédraogo pour son ouvrage de poésie, Avec tes mots.

Cette belle langue, la langue de Molière, parler par plus de 500 000 Ontariens et Ontariennes n'est pas seulement une langue, c'est aussi l'âme d'un peuple qui veut grandir et s'épanouir.

Nos écrivains sont le reflet de notre âme collective.

Ils rêvent nos rêves.

L'écrivain franco-ontarien Fernand Dorais a dit dans son livre Témoins d'errances en Ontario français « L'éducation doit demeurer l'initiation à la qualité du Langage, de l'Être humain, de la Vie ».

C'est un défi de taille.

Mais, avec cette Politique d'aménagement linguistique, et avec vous ici ce soir, c'est un défi que nous relèverons avec enthousiasme, expertise et ténacité.

Comme vous le savez tous, plusieurs rapports et beaucoup d'experts ont démontré que les écoles jouent un rôle essentiel dans le développement de l'identité culturelle.

Il y a deux semaines, j'ai parlé de l'Étude Recherche-action sur le lien langue-culture-éducation en milieu minoritaire francophone pendant la Conférence ministérielle sur les Affaires francophones à Moncton.

Selon cette étude, nous devons avoir un partenariat étroit entre les intervenants scolaires, artistiques et communautaires.

Pour se développer, une école de langue française qui endosse son mandat culturel a besoin de la collaboration soutenue de tous les intervenants.

Quand je vois le nombre de personnes ici ce soir il est évident que vous croyez vous aussi que nous devons travailler ensemble.

Et nous sommes nombreux à penser de cette façon.

Il y a un mois, j'ai participé au 25ième anniversaire de l'École Francojeunesse à Ottawa.

Francojeunesse a été la première école élémentaire publique francophone dans l'Est de l'Ontario.

Appuyée par la communauté, les parents et toute une gamme d'intervenants, elle est maintenant en pleine expansion.

Jeudi dernier, j'avais le plaisir d'assister à la première pelletée de terre d'une nouvelle école secondaire française à Brampton.

Les responsables de ces écoles, comme vous, et comme notre gouvernement, savent qu'il nous faut un plan pour valoriser et transmettre la langue française et la culture dont elle est l'expression.

Je ne vais pas répéter ce que vous avez entendu dans le discours du Ministre Kennedy ce midi, ni ce que Monsieur Vaillancourt vous a dit plus tôt.

Mais, je veux vous assurer que notre engagement envers la communauté franco-ontarienne ne s'arrête pas là.

L'éducation est, bien sûr, la pierre angulaire pour l'épanouissement de notre communauté.

Mais c'est en synergie avec tous les autres secteurs d'activité que l'on optimalise l'action de notre gouvernement en faveur du développement de la francophonie.

Permettez-moi de vous citer quelques exemples.

La province vient de signer une lettre d'intention concernant la négociation d'un accord d'immigration Canada-Ontario.

Cette lettre reconnaît l?importance de l'immigration francophone dans la province.

Permettez-moi de signaler que l'immigration représente peut-être l'un des plus beaux espoirs de développement pour la collectivité franco-ontarienne.

Nous venons aussi d'ajouter quatre agences communautaires travaillant dans le domaine de la santé, et une clinique juridique, à la liste d'agences désignées en vertu de la Loi sur les services en français.

Au printemps, les premiers ministres du Québec et de l'Ontario ont annoncé une nouvelle ère de coopération entre les deux provinces.

Les affaires francophones représentent un des secteurs où l'on prévoit accroître la collaboration entre les deux provinces.

J'ai parlé de Champlain tantôt, et nous avons consacré une somme considérable au Circuit Champlain dans le contexte des célébrations de 2008.

Je suis particulièrement fière de notre Comité consultatif sur les affaires francophones nommé tout récemment, où plusieurs professeurs ou anciens professeurs y siègent.

Son rôle est de me conseiller sur l'élaboration des stratégies, l'établissement des priorités et la création des programmes qui touchent la communauté francophone, sans oublier la planification et la prestation des services gouvernementaux en français.

Les membres du Comité consultatif sont vos ambassadeurs et ambassadrices auprès du gouvernement.

Ils et elles vont m'aider à accroître la visibilité des services en français dans la fonction publique ontarienne.

Ils et elles vont aussi recommander au gouvernement des mesures afin qu'il puisse mieux dialoguer et communiquer avec sa population francophone.

Nous voulons entendre ce que vous avez à dire.

N'hésitez pas à participer aux diverses consultations entreprises par le gouvernement.

Il est important que votre point de vue soit connu, que mes collègues autour de la table du Conseil des ministres connaissent vos succès, vos besoins et vos inquiétudes.

Nous devons travailler ensemble pour que nos collectivités soient fortes, et que nos citoyens d'expression française jouissent pleinement d'une vie saine, dans une province prospère.

Notre prospérité future repose sur nos jeunes.

En aidant les élèves à réussir aujourd'hui, nous assurons le succès futur de l'Ontario.

Et grâce à la vision du premier ministre de l'Ontario et de mes collègues comme le Ministre Kennedy, ça sera également le succès futur de l'Ontario français.

Bon succès à celles et ceux qui mettrons en vigueur cette Politique sur l'aménagement linguistique et merci pour votre collaboration !