Deerhurst Inn Resort, Hunstville, Ontario, le vendredi 23 juin 2006
Mesdames et messieurs, chers amis, bonjour.
Je suis très heureuse de me retrouver parmi vous pour votre congrès et je vous remercie de m'avoir invitée.
Vous le savez, je m'étais déjà adressée à vous lors de vos congrès précédents. En fait, ma présence parmi vous prend des allures de rendez-vous annuel.
J'ai donc pensé que le moment était propice pour dresser un bref bilan des progrès de la francophonie ontarienne au cours des derniers 12 mois.
Et réellement, les progrès ont été significatifs.
Si l'on s'en tient aux annonces récentes, je pourrais d'abord mentionner la signature, au début du mois, du protocole de coopération Ontario-Québec.
Fait à noter, ce protocole comprend un accord multisectoriel en matière d'affaires francophones d'une portée sans précédent.
Cet accord qui marque un renouveau au plan de nos relations avec le Québec et une reconnaissance de la francophonie en Ontario par le Québec, vise quatre secteurs clés : la petite enfance, l'éducation, la culture et la santé – comme vous voyez, des secteurs particulièrement importants et porteurs pour la collectivité franco-ontarienne.
Ensuite, bien sûr, il y a la désignation de Kingston, annoncée le 24 mai dernier.
Ce n'est pas tous les jours qu'une nouvelle région est désignée, et il s'agit donc d'une étape majeure en ce qui a trait, non seulement à l'offre de services en français, mais plus fondamentalement au renforcement des acquis de la francophonie en Ontario.
Important également : la nouvelle Loi sur l'intégration du système de santé local.
Le préambule de cette loi fait spécifiquement référence à la Loi sur les services en français, et de plus, elle prévoit la mise sur pied d'un Conseil consultatif provincial sur la santé en français et des mécanismes obligatoires de participation des francophones à la planification des services de santé à l'échelle locale.
Toujours en matière de santé, je peux d'ailleurs évoquer aussi le début des travaux d'agrandissement de l'hôpital Montfort, dont la première pelletée de terre a eu lieu tout récemment et pour laquelle le gouvernement a alloué un important financement de 185 millions de dollars.
Qui aurait cru, il y a quelques années, qu'on assisterait à la naissance du « Nouveau Montfort »?
Cette année a également vu la mise sur pied de comités consultatifs de langue française en éducation et en éducation postsecondaire.
Les membres de ces comités auront l'occasion d'influencer l'orientation des politiques publiques et des programmes d'intérêt pour les francophones.
Parlant d'éducation, pas plus tard que cette semaine, j'ai participé à deux annonces très positives.
D'une part, une nouvelle augmentation du financement des écoles françaises, financement qui dépasse maintenant le milliard de dollars.
Et d'autre part, un important investissement destiné à améliorer l'accès aux études postsecondaires pour les francophones ainsi que la gamme et la qualité des programmes en français.
C'est vous dire que nous sommes convaincus que pour assurer la vitalité de la francophonie, il est essentiel de bien préparer la relève. Nous avons maintes fois démontré combien cela nous tenait à coeur.
Dans un domaine qui vous touche de près, une autre avancée digne de mention est la stratégie de la police provinciale pour la prestation des services en français.
En signant le renouvellement de cette stratégie proactive pour la période 2006-2008, la commissaire de la police provinciale, Gwen Boniface, s'est engagée face au regroupement des intervenants, et face à toute la communauté francophone.
Je relève d'ailleurs que cette initiative a figuré au Palmarès des belles réussites d'un rapport annuel antérieur de la Commissaire aux langues officielles.
Lors de la rencontre des intervenantes et intervenants francophones, en mars dernier, vous avez eu l'occasion de prendre connaissance des résultats de la recherche, État des lieux : les services en français dans le domaine de la justice en Ontario, réalisée par l'équipe de la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques de l'Université d'Ottawa.
L'étude propose un état de la situation en vue de l'élaboration d'un plan stratégique pour le développement des services en français au sein du secteur de la justice pour les 3 à 5 prochaines années.
Je n'en ajoute pas plus car on me dit que Marcel Castonguay, ancien coordonnateur des services en français pour le secteur de la justice, vous en parlera au cours de ce congrès.
Je me réjouis aussi du projet de Carrières en justice.
Ce projet, que vous connaissez bien, représente un bel exemple de partenariat entre votre association, d'autres organismes et différents paliers de gouvernement.
Je crois aussi que d'initier nos jeunes à une carrière dans le domaine de la justice est déterminant pour l'avenir de notre communauté car nous misons sur la relève.
D'ailleurs, à cet égard, je me dois de mentionner la pertinence et le dynamisme de l'Institut de développement professionnel en langue française.
Cette initiative ne manquera pas d'avoir des retombées positives pour la communauté francophone, puisqu'il s'agit d'améliorer les compétences linguistiques des professionnels de la justice.
Je vous remercie pour votre contribution au développement de ce programme de pointe, et j'en profite pour saluer madame Sonia Ouellette, votre directrice générale, qui est la pédagogue officielle de l'Institut.
Je sais que vous continuez d'être intéressés par les questions relatives à la nomination de décideurs bilingues aux organismes, conseils et commissions de l'Ontario, en particulier aux tribunaux judiciaires et administratifs.
Le gouvernement reconnaît le bien-fondé de veiller à ce que les francophones soient des parties prenantes dans les champs-clés d'activités gouvernementales.
Je peux vous assurer que je continue à travailler en étroite collaboration avec mes collègues afin de faire progresser ce dossier.
La question de la création d'un poste d'ombudsman linguistique n'a pas non plus été oubliée.
Le dossier est complexe, mais il avance!
Tout ceci s'inscrit sur la toile de fond des célébrations du 20e anniversaire de la Loi sur les services en français.
Le programme des célébrations est riche et varié, et il donne lieu à toutes sortes d'initiatives qui sont autant d'occasions de mettre en valeur la richesse et la contribution de la francophonie ontarienne.
Dans cet esprit, je vous rappelle les Prix de la francophonie de l'Ontario, que le gouvernement a créés pour rendre hommage aux personnes dont les efforts et les talents ont permis à la francophonie de progresser, de s'affirmer, de rayonner.
Je vous invite à soumettre des candidatures car je sais que beaucoup de personnes méritent d'être honorées, parmi les francophones ou les francophiles.
Cependant, ne tardez pas, car il ne reste plus qu'une semaine avant la date limite du 30 juin.
En cette année charnière pour les francophones de l'Ontario, c'est le moment de célébrer nos succès.
Je vous remercie pour votre engagement envers la francophonie en Ontario et je vous encourage à poursuivre vos efforts et à faire rayonner votre enthousiasme.
En mettant « L'accent sur l'avenir », nous pourrons ensemble emprunter des chemins prometteurs pour l'affirmation identitaire et le développement durable de la francophonie ontarienne.
Merci.