Le 14 février 2008
l'hôtel Coast Terrace
Edmonton, Alberta
Bonjour. C'est avec un grand plaisir que je me joins à vous aujourd'hui. Des conférences comme celle-ci offrent une précieuse occasion d'informer et de nous informer de chacune de nos stratégies qui ont porté fruit, ce qui nous donne une occasion réelle d'apprendre et de progresser.
Merci de m'accueillir à Edmonton au nom du gouvernement de l'Ontario et de M. George Smitherman, vice-premier ministre et ministre de la Santé et des Soins de longue durée.
George m'a demandé de vous dire à quel point il regrette de ne pouvoir être ici aujourd'hui et, par la même occasion, de vous transmettre ses meilleurs voeux de fructueuse conférence.
Le thème choisi pour ce 4e Rendez-vous, les ressources humaines dans le secteur de la santé, fait bien suite au thème de l'an passé, « Faire la différence ! », car si on veut réellement faire la différence, il faut s'assurer que les professionnels de la santé soient présents en nombres suffisants.
Nous le savons tous, nous vivons présentement une pénurie nationale, voire mondiale, de ressources humaines qualifiées dans le domaine de la santé.
Et cette pénurie nous touche particulièrement dans un contexte de communautés de langue minoritaire comme le nôtre.
Quand nous sommes arrivés au pouvoir à l'automne 2003, notre système de santé était mal en point. Aujourd'hui, même s'il reste beaucoup à faire, la situation s'améliore et on ne peut pas retourner en arrière.
Nous avons travaillé d'arrache-pied pour créer un système de santé solide qui soit durable tout en assurant, à tous nos citoyens, un accès équitable aux soins de santé familiale.
Notre régime de santé a commencé par une vision renouvelée, renforcée et nettement améliorée des soins de santé de l'ensemble de la province.
Cette vision était claire et nette : Aider les gens à rester en bonne santé, leur fournir de bons soins quand ils en avaient besoin et veiller à la durabilité du système de santé pour les futures générations.
La clé, c'était de réduire les temps d'attente et d'améliorer l'accès aux infirmières et infirmiers, ainsi qu'aux médecins.
Pour concrétiser cette vision, notre gouvernement a établi trois domaines stratégiques qui nous guident maintenant dans cette vaste transformation du système de santé, à savoir :
Nous nous sommes mis à suivre immédiatement la première de ces orientations stratégiques, en apportant de grands changements dans trois domaines prioritaires.
Il s'agit notamment d'améliorer l'état de santé de la population, en passant de soins fragmentés et épisodiques à des soins de prévention, plus complets. Voilà pourquoi nous avons créé le ministère de la Promotion de la santé.
C'est la première fois que l'Ontario dispose d'un ministère qui se consacre entièrement à la promotion de modes de vie sains et actifs.
Permettez-moi de vous entretenir de certains des principaux éléments de la transformation du système de santé de l'Ontario et de la façon dont ils cadrent avec la stratégie sous-jacente.
Pour accélérer l'apparition de grands changements, nous avons constitué ce que nous appelons notre Équipe des résultats dans le domaine de la santé, afin de travailler en partenariat avec le gouvernement, les prestataires de soins de santé, les associations, les groupes communautaires et d'autres experts des soins de santé.
La mission principale de l'équipe était simple et consistait à donner suite à nos priorités de transformation, notamment :
ÉQUIPES SANTÉ FAMILIALE
À bien des égards, les équipes de Santé familiale sont au coeur du plan distinctif de notre gouvernement en matière de soins de santé.
Elles représentent l'orientation de ces soins non seulement dans notre province, mais aussi de par le monde. Ces équipes incarnent le genre de modèle d'équipe intégrée que les expertes et experts réclament depuis de nombreuses années.
Nos équipes de Santé familiale sont établies dans toute la province, tant en ville qu'à la campagne, plusieurs de ces équipes oeuvrant dans des localités sous desservies. Elles varient en taille et en structure et, outre les soins généraux, elles se concentrent sur la gestion des maladies chroniques, ainsi que sur la promotion de la santé et la prévention des maladies comme l'éducation et le counselling en matière de santé.
Nous nous proposions de disposer de 150 équipes de Santé familiale en 2007-2008, afin d'améliorer l'accès aux soins de santé familiale pour plus de 2,5 millions d'Ontariens. Je suis fière de signaler que nous sommes nettement en avance sur le calendrier, et nous nous sommes engagés à fournir cinquante autres équipes de Santé familiale au cours des quatre prochaines années, visant des régions comme l'Ontario rural et le Nord.
CENTRES DE SANTÉ COMMUNAUTAIRE
Nous investissons dans les services de soins de santé communautaire, en ajoutant au secteur des soins de santé sept nouveaux centres de santé communautaire (CSC) et quinze nouveaux CSC satellites.
Ce qui était au début un investissement de cinq millions de dollars est maintenant passé à 18,6 millions, en 2007-2008.
Cette augmentation profite à des milliers d'Ontariens, en étendant les services de santé à 95 000 autres personnes qui, jusqu'alors, n'avaient pas accès à des soins de santé élémentaires de première ligne.
TEMPS D'ATTENTE
Accroître l'accès aux soins de santé familiale n'est qu'une façon parmi d'autres de veiller à ce que les patients et patientes reçoivent les soins dont ils ont besoin.
Notre Stratégie de réduction des temps d'attente vise à améliorer l'accès rapide et adéquat et à réduire les temps d'attente pour cinq grands services de santé:
Par la suite, on a ajouté les opérations de chirurgie pédiatrique pour fournir 10 000 opérations de plus en quatre ans.
Vu les importants investissements de notre gouvernement à l'égard de la Stratégie de réduction des temps d'attente, l'Ontario réalise dès maintenant des baisses des temps d'attente. Plus de 250 000 personnes de notre province bénéficient d'un meilleur accès aux soins pour des opérations critiques de chirurgie.
Nous avons créé un système destiné à surveiller les temps d'attente. Nous estimons en effet que si l'on ne peut pas suivre la situation, on ne peut pas la changer. Ce système, qui permet aussi aux patients de s'informer en ligne des temps d'attente des hôpitaux de toute la province, contribue à faire en sorte que les Ontariens aient un accès rapide et adéquat aux services désignés.
En vertu de notre mandat renouvelé, nous continuerons d'appliquer notre Stratégie de réduction des temps d'attente, en affectant des fonds à certains hôpitaux, suivant la Stratégie des services des urgences. Un accès accru à la neurochirurgie fera aussi en sorte que plus d'Ontariens reçoivent des soins plus vite et plus près de leur domicile.
Nous étendrons le champ d'application de la Stratégie de réduction des temps d'attente, en y incluant la chirurgie générale.
Nous étendrons aussi la portée du Système d'information sur les temps d'attente, qui inclura tous les cas d'orthopédie, d'ophtalmologie et de chirurgie générale.
RÉSEAUX LOCAUX D'INTÉGRATION DES SERVICES DE SANTÉ
Dans la transformation que notre gouvernement opère dans les soins de santé, la plus importante orientation stratégique a consisté à établir un système qui permette de mieux gérer la prestation des services de santé de l'Ontario.
Nos Réseaux locaux d'intégration des services de santé, mieux connus sous leur sigle RLISS, offrent tant la vision que la structure qui conviennent à la réalisation de cet objectif. Maintenant que nos 14 RLISS sont en service – et sont responsables d'environ la moitié de notre budget annuel actuel de 37 milliards de dollars pour la santé – ils sont indispensables à la gestion et à la coordination des services des soins de santé en Ontario.
Pour réaliser notre objectif de création d'un système vraiment axé sur les patients, il nous fallait une structure qui puisse nous permettre de décentraliser la prise des décisions et de compter sur les connaissances locales. Après tout, les localités connaissent mieux les besoins locaux. En matière de soins de santé, les RLISS offrent ce système intégré et axé sur les patients, système réceptif aux besoins locaux.
Grâce aux RLISS, nous créons un nouveau système de gestion qui établit la priorité des besoins locaux, intègre les soins, élimine les obstacles à l'accès et assure la prestation de soins de qualité appropriés.
Le résultat, c'est qu'ils concourent à l'intégration et à la coordination des services locaux de santé, y compris les services francophones de l'Ontario, et qu'ils déterminent et fournissent le financement et les ressources.
À mon avis, il importe aussi de noter que deux des quatorze RLISS ont actuellement à leur tête un président ou une présidente francophone.
Cette conférence me donne l'occasion, de vous entretenir sur ce que notre gouvernement fait pour améliorer l'accès, aux services de santé, des franco-ontariens.
Il y a quelque 500 000 francophones en Ontario. Quelque 40 % de ceux-ci vivent dans l'est de la province, dans la région d'Ottawa-Carleton.
Quarante pour cent de plus habitent dans la partie centrale et du Sud-Ouest de la province, en particulier à Toronto, à Penetanguishene, à Welland et à Windsor. Les 20 % qui restent demeurent surtout dans le Nord-Est de l'Ontario.
Pour répondre convenablement aux besoins de nos francophones en Ontario, notre système doit appuyer la prestation de services en français durables et de qualité auprès de la collectivité francophone de la province et ce, conformément à la Loi sur les services en français de l'Ontario.
En fait, la loi garantit notre engagement à assurer en Ontario l'accès aux services de santé en français. Le préambule de la loi qui a établi notre réseau de 14 RLISS stipule que : « La population de l'Ontario et son gouvernement ... croient que le système de santé devrait être guidé par un engagement à l'égard de l'équité et un respect de la diversité des collectivités lorsqu'il dessert la population de l'Ontario et respectent les exigences de la Loi sur les services en français lorsqu'il dessert les collectivités francophones. »
Cette loi inclut deux autres modifications. La première stipule l'exigence de créer un Conseil consultatif des services de santé en français pour conseiller le ministre de la Santé sur les questions relatives à la santé et à la prestation de services qui concernent les collectivités francophones.
En outre, ce conseil est chargé de la détermination des priorités et des stratégies qui concernent les collectivités francophones.
En novembre 2007, le ministre Smitherman et moi avons annoncé la création du nouveau Conseil consultatif des services de santé en français qui se penchera sur les questions de soins de santé qui se posent à la collectivité francophone de la province.
L'engagement que nous prenons d'améliorer les services de santé, en fournissant plus de soins primaires et en réduisant les temps d'attente des salles d'urgence, doit inclure les services en français.
Par le truchement de ce conseil consultatif, nous rejoignons les collectivités francophones, car nous croyons que les soins de santé de l'Ontario devraient être guidés par un engagement à l'égard de l'équité et un respect de la diversité.
La seconde modification exige que chaque RLISS fasse appel à des entités de planification de services de santé en français. Cette initiative sur laquelle nous travaillons à l'heure actuelle aidera les RLISS à déterminer les initiatives pertinentes de prestation de services qui répondent aux besoins des collectivités francophones.
J'estime important de mentionner brièvement deux autres domaines où nous avons assuré l'accès aux services de santé en français. Deux nouveaux satellites de centres de santé communautaire ont été ouverts dans l'Est et le Nord de l'Ontario [Embrun et Kapuskasing].
Ces deux régions possèdent une importante concentration de francophones. À l'heure actuelle et grâce aux nouveaux satellites, ces collectivités bénéficient d'un meilleur accès aux soins de santé familiale.
De même, notre investissement dans l'École de médecine du Nord de l'Ontario se révèle fructueux, notamment pour les francophones, car les médecins ont une forte tendance à s'établir et à pratiquer dans la région où ils ont suivi leurs études médicales.
Permettez-moi de vous parler de l'hôpital Montfort. Car je suis d'avis que l'histoire de sa survie illustre à merveille la détermination tant des Ontariens que de notre gouvernement d'assurer des soins de santé en français en Ontario.
L'hôpital Montfort, à Ottawa offre une gamme complète de services en français et c'est le seul hôpital d'enseignement en français de la province. Comme je l'ai fait remarquer, quelque 40 % des gens d'expression française de l'Ontario vivent dans la région desservie par l'hôpital.
Le gouvernement conservateur de l'ancien premier ministre, Mike Harris, voulait fermer l'hôpital. Mais notre gouvernement a reconnu la valeur et l'importance de Montfort.
Comme nous ne voulions pas nous contenter de laisser l'hôpital ouvert, nous avons annoncé un plan pour son expansion. Alors, on a investi plus que 185 millions de dollars, ce qui en dit long sur l'engagement de notre gouvernement à assurer et à améliorer les services de santé en français.
Et nos actions ne se limitent évidemment pas au champ de la santé. Nous venons d'investir massivement dans notre système scolaire et post-secondaire.
Nous avons :
Et pourquoi pas en santé ? Avec un programme comme Carrières en santé et services sociaux proposé par le Regroupement des intervenants francophones en santé et services sociaux de l'Ontario – le RIFSSSO – et appuyé par le gouvernement de l'Ontario, nous nous assurons que les jeunes soient bien au fait des possibilités d'emploi en santé quand ils font un choix de carrière.
Loi sur les services en français et commissaire
En terminant, je vous rappelle que notre offre de services de santé en français se fait dans un cadre légal bien défini : celui de la Loi sur les services en français de l'Ontario.
Comme vous le savez peut-être, une page historique a été tournée le printemps passé, lorsque l'Assemblée législative de l'Ontario a adopté des modifications à la Loi sur les services en français pour permettre la création du Commissariat aux services en français.
Les pouvoirs du Commissaire sont très clairs et la loi amendée lui octroie une grande liberté d'action.
Chaque coin de notre pays est bien différent, mais nous partageons des défis communs.
Je vois ici réunies pour ce 4e Rendez-vous Santé en français les forces vives de nos communautés francophones dans le domaine de la santé.
Il est essentiel de les réunir périodiquement; cela permet d'échanger connaissances, perspectives et expériences variées.
Cet événement est l'occasion idéale de prendre acte des réussites passées et de partager les pratiques novatrices afin de s'en inspirer pour continuer à améliorer les services de santé en français.
Les conférences d'invités de marque, les ateliers de formation et les activités de réseautage sont autant d'occasions de favoriser la collaboration, de créer des synergies et de faire appel à l'expertise existante en matière de prestation réussie de services de santé en français.
Je tiens donc à vous féliciter la Société santé en français et tous ses partenaires pour le travail accompli auprès des communautés francophones en milieu minoritaire.
La vision d'excellence et de concertation qui vous guide contribue à assurer un avenir en santé à tous les francophones du pays.
Santé !
FIN