salle 112 – pavillon Tabaret Université d'Ottawa
le jeudi 2 octobre 2008
Monsieur Frenette,
Monsieur Major,
Chers collègues et amis,
Je suis très heureuse de participer aux célébrations du 50e anniversaire du Centre de recherche en civilisation canadienne-française de l'Université d'Ottawa.
Et je remercie messieurs Frenette et Major de m'avoir invitée à revenir dans mon alma mater.
La première fois que je suis venue à l'Université d'Ottawa pour entreprendre mes études en droit, j'étais déjà jeune infirmière.
J'avais été frappée, à ce moment-là, par l'ambiance conviviale et bilingue qui y régnait.
J'avais été particulièrement touchée par la solidarité des franco-ontariens et leur accueil si chaleureux envers les francophones venant du Québec, du Nouveau-Brunswick et du Manitoba.
Je peux donc dire que l'Université d'Ottawa est une communauté universitaire au Canada qui reflète superbement notre histoire et notre patrimoine national. Cette communauté reflète à juste titre ce pays au sein duquel les francophones s'éduquent en français et deviennent des professionnels qui exercent leur métier en français. Le Centre de recherche en civilisation canadienne-française demeure l'un des plus beaux exemples, à l'Université d'Ottawa, de l'éveil francophone au cours des 50 dernières années.
Le Centre a fait des recherches et a publié de nombreux ouvrages importants sur les réalités des francophones en situation minoritaire.
Combien de vos chercheurs ont participé à des tables rondes, des activités politiques et des débats publics sur la place des francophones dans notre société!
Le Centre nous a donné, à nous franco-ontariens, un lieu de réflexion fondamental sur notre rôle au sein du Canada.
Mais il a surtout fourni un espoir aux jeunes francophones de l'Ontario, par la publication de recherches sur le potentiel de leur réussite comme professionnels.
Et je pense particulièrement aux jeunes femmes qui, dans les années 60 et 70, cherchaient à élargir l'éventail de possibilités de carrière.
Le Centre donne accès à des ressources afin que les jeunes chercheurs francophones puissent avoir une voix au sein de la communauté universitaire, voire même au sein de l'ensemble de chercheurs au Canada et dans le monde francophone.
Bien sûr, à ses débuts, le Centre avait été fortement influencé par l'Église et les religieux.
Rappelons-nous ce qui se passait l'année même de fondation du Centre, en 1958.
C'est l'année de l'élection du Pape Jean XXIII. L'Église s'engageait alors dans son plus grand effort de rajeunissement et d'ouverture sur le monde depuis des siècles.
Ici, à Ottawa, les Pères Oblats avaient des plans très ambitieux pour l'Université d'Ottawa.
Les communautés religieuses dirigeaient nos hôpitaux et nos écoles en nourrissant un nouvel espoir pour les jeunes francophones souhaitant devenir médecins, infirmières, avocats ou enseignantes.
Je le dis souvent : les francophones de l'Ontario sont reconnaissants envers ces religieuses et religieux qui leur ont donné accès à l'éducation, aux soins de santé, à la formation professionnelle – et tout cela – dans un environnement qui raffermissait notre culture canadienne-française et franco-ontarienne.
Les années 60 et 70 marquaient les plus belles décennies de ce siècle pour la recherche, le militantisme francophone et l'engagement politique de la jeunesse franco-ontarienne et canadienne.
L'Université d'Ottawa et le Centre de recherche ont alors connu une expansion importante et une effervescence qui se font sentir encore aujourd'hui.
Le Centre a su s'inspirer de cette période prolifique. Sa quête de l'excellence lui a permis d'aller au-delà de l'enceinte de la recherche. Nous y voici donc aujourd'hui, 50 ans plus tard, avec le succès que vous connaissez!
La meilleure façon de célébrer notre passé est de parler du présent et de l'avenir de la francophonie en Ontario.
Le gouvernement de l'Ontario contribue à la vitalité et au développement de la vie française tout comme vous le faites par vos nombreuses recherches sur les questions identitaires d'actualité et du passé.
Notre gouvernement croit profondément dans la promotion et la protection de la culture franco-ontarienne par des mesures proactives et progressistes.
Nous avons dû encore le prouver pas plus tard que la semaine dernière en défendant le drapeau franco-ontarien face aux propos déplorables d'un député provincial conservateur qui, le jour du 33e anniversaire du drapeau, a cru bon de déclarer à la Chambre que le drapeau franco-ontarien était inutile et créait de la division.
Il y a encore beaucoup de travail d'éducation à faire. Mais les investissements de mon gouvernement pour l'épanouissement de la francophonie ontarienne sont incontestables.
Sur le plan des services gouvernementaux en français, chaque ministère doit produire un rapport annuel sur la prestation de services en français.
Il s'agit là d'une mesure systémique significative parce que l'imputabilité de la prestation des services en français est maintenant partagée entre tous les ministres du gouvernement. Nous aussi avons créé, l'an dernier, le premier Commissariat aux services en français dans l'histoire de l'Ontario.
Ce Commissariat est d'une grande importance parce qu'il rappelle au gouvernement de respecter ses obligations face à la Loi sur les services en français tout en offrant aussi aux citoyennes et citoyens une voix supplémentaire en faveur de l'offre active de services en français.
Dès le début de mon mandat comme ministre déléguée aux Affaires francophones, j'ai nommé un comité consultatif sur les affaires francophones pour m'aviser dans les dossiers d'importance.
Ce comité joue un rôle critique dans l'élaboration de politiques gouvernementales favorables à l'épanouissement des francophones.
De même, comme vous le savez, notre gouvernement a signé un vaste protocole de coopération Ontario-Québec.
Cet accord touche en particulier les affaires francophones. Il vise à renforcer les échanges entre les deux provinces et à mettre en œuvre des actions concrètes communes dans les domaines de la culture, de la santé, des services à la petite enfance et aussi de l'éducation, un domaine fondamental comme vous le savez très bien.
Et, en juin dernier, l'Ontario et le Québec ont encore réaffirmé leurs liens particuliers et leur désir de rapprochement en organisant une rencontre conjointe de leurs conseils des ministres.
Les premiers ministres des deux provinces ont aussi signé une déclaration commune pour un partenariat économique plus étroit entre le Canada et l'Union européenne.
Plus tôt cet été, le premier ministre McGuinty a aussi remis au gouvernement et à la population du Québec une plaque symbolisant l'histoire commune et les liens privilégiés, historiques et contemporains, qui unissent nos deux provinces.
Notre gouvernement agit aussi en faveur des francophones dans les secteurs de l'éducation et, bien sûr, dans le développement de stratégies économiques durables.
Nous avons investi dans les universités de l'Ontario, dans les collèges francophones et dans les conseils scolaires francophones comme jamais auparavant.
Le Centre de recherche a bien fait la preuve, au cours de sa jeune histoire, que la francophonie ne saurait survivre ni grandir sans des actions concertées dans toutes les sphères de la vie sociale de nos collectivités.
Le gouvernement de l'Ontario croit aussi, avec la même fermeté, qu'il doit agir de manière systémique et globale, partout en Ontario, pour assurer le développement de la vie française chez nous … et j'en suis très fière.
Vous savez probablement que le Centre de recherche a acquis son nom actuel en 1969, plus de 10 ans après sa fondation.
La même année, l'ACFO s'associait au Centre de recherche pour créer le premier Fonds de développement à l'intérieur même du Centre.
Ce premier Fonds a été important, surtout pour son effet d'entrainement sur les centaines d'autres organismes francophones qui ont choisi de se joindre au Centre en créant d'autres Fonds pour la sauvegarde du patrimoine francophone en Ontario et dans l'ensemble du Canada.
Je vous en félicite!
Le Centre est devenu un pilier incontournable dans la vie française en Amérique. Je vous souhaite des succès renouvelés.
Chers amis, bon 50e anniversaire!
Merci et bonne soirée.
- FIN -