North Bay
Le jeudi 26 février 2009
Merci M. Levasseur pour votre mot de bienvenue.
Tout d'abord, permettez-moi de commencer en vous félicitant pour le prix que le lieutenant-gouverneur de l'Ontario vous remis la semaine dernière pour l'ensemble du travail que vous avez accompli en matière de conservation du patrimoine ontarien communautaire ces 25 dernières années.
C'est un grand honneur et surtout une reconnaissance bien méritée, vous qui présidez aux destinées du Regroupement des organismes du patrimoine franco-ontarien – le ROPFO.
C'est donc l'occasion rêvée de souligner ce soir le travail et le leadership du ROPFO.
En fait, c'est un grand honneur pour moi d'être parmi vous ce soir dans le cadre des États généraux sur l'avenir du patrimoine culturel franco-ontarien.
D'emblée, je tiens à saluer la présence des organismes et des personnalités qui sont venus nombreux et nombreuses pour ces États généraux.
Particulièrement, je note la présence de :
Cette forte présence est très encourageante pour la qualité des discussions jusqu'à samedi.
Ces États généraux vont nous permettre de donner un nouvel élan aux activités patrimoniales en Ontario, grâce au ROPFO et ses partenaires, la Société franco-ontarienne d'histoire et de généalogie et le Centre franco-ontarien de folklore.
Je vous remercie donc d'avoir répondu à l'appel de la ROPFO pour ce grand rassemblement.
Vous le savez, je suis personnellement très sensible à la notion de patrimoine en Ontario. La défense du patrimoine fut l'un de mes chevaux de bataille lorsque j'étais ministre de la culture.
Il y a quelques jours encore, dans le cadre de la Semaine du patrimoine, j'assistais à Ottawa à l'inauguration par la Fiducie du patrimoine ontarien d'une plaque commémorant Joseph Montferrand (1802-1864), le bûcheron légendaire devenu avec le temps un important symbole pour la collectivité franco-ontarienne.
Le 30 janvier dernier, la Paroisse Sacré-Coeur à Toronto a été honorée par une plaque de la Fiducie du patrimoine ontarien célébrant le rôle central que cette paroisse joue dans la communauté francophone de Toronto.
Il suffit d'ouvrir les yeux. Le patrimoine est partout.
C'est aussi ce que le programme de ces Etats généraux laisse penser.
Les six dossiers prioritaires dont vous allez débattre pendant ces États généraux sont au coeur des enjeux auxquels nous faisons face.
Vous allez parler des générations futures, de développement économique, de l'espace interculturel et racial, du patrimoine religieux, de la recherche et, bien sûr, du 400e anniversaire de la présence francophone en Ontario.
J'ai aussi bien noté que les États généraux vont mettre l'accent sur le patrimoine culturel immatériel et la diversité francophone en Ontario.
Ces thèmes sont modernes et s'inscrivent bien dans l'évolution de la pensée contemporaine sur le « patrimoine ».
On doit en grande partie cette évolution à l'UNESCO qui a beaucoup élargi le champ d'application de la notion de « patrimoine ». Celui-ci est aussi bien culturel et matériel que religieux, anthropologique et même environnemental.
Mais vous devancez l'UNESCO puisque vous prenez aussi acte des nouvelles réalités socio-démographiques et culturelles en Ontario français pour promouvoir une plus grande valorisation du patrimoine chez nous.
En d'autres mots, ces États généraux mettent en évidence notre patrimoine culturel comme étant le miroir de la diversité chez nous.
Je trouve cette approche très novatrice et surtout porteuse de promesses pour l'avenir de nos collectivités franco-ontariennes.
Nous le savons toutes et tous : la plus grande menace pour le patrimoine franco-ontarien, c'est l'assimilation de nos jeunes et l'exode des familles francophones vers des collectivités anglophones.
Avec l'assimilation et l'exode, nous perdons non seulement contact avec notre histoire, nous perdons aussi la capacité de conserver notre langue, notre culture et notre mémoire collective.
Et nous savons bien que ce sont ces réalités qui façonnent la pensée identitaire de l'enfant, de l'adolescent ou de l'adulte.
C'est pourquoi j'ai lancé en décembre une nouvelle stratégie qui met l'accent sur la jeunesse chez les francophones en Ontario.
La jeunesse m'apparaît fondamentale pour le développement et l'épanouissement des francophones en Ontario.
Notamment, la conservation et la célébration de notre patrimoine n'ont de sens que par rapport à la génération qui vient après nous. C'est en quelque sorte pour elle que nous entretenons notre patrimoine.
Le patrimoine, matériel ou immatériel, y compris notre langue bien entendu, est le pilier de notre culture francophone.
Il nous unit.
Il suscite notre fierté.
Il nous sert de référence dans nos actions.
C'est dans notre histoire que nous cherchons des modèles pour avancer.
Pour reprendre la métaphore de l'arbre, chère aux grands poètes de la Négritude, comme Léopold Sédar Senghor ou Aimé Césaire, notre patrimoine agit comme les racines d'un arbre.
Un arbre ne peut pas vivre sans les racines qui le nourrissent. Mais un arbre qui se limiterait à ses racines ne serait qu'une souche, au pire un arbre mort.
Pour vivre et pour grandir, un arbre a besoin d'un tronc et de branches.
Ainsi, notre patrimoine a besoin de l'engagement de notre jeunesse.
J'espère donc que vous vous impliquerez dans la stratégie pilotée par l'Office des affaires francophones, qui vise à contrer les dangers de l'assimilation chez les jeunes tout en rehaussant le rôle de la famille et du milieu de vie dans la sauvegarde de sa langue et culture.
A la fin de mon discours, vous aurez la chance de voir une courte vidéo de l'Office des affaires francophones qui résume le lancement de la stratégie, L'Accent sur la jeunesse, lancée en décembre.
Je vous invite à inclure dans vos échanges, dans le cadre de ces États généraux, toutes les composantes de la jeunesse francophone de l'Ontario.
Je vous demanderais aussi de réfléchir à l'accès aux médias francophones et l'impact de ces médias sur la préservation du patrimoine franco-ontarien.
En janvier dernier, j'ai rencontré les commissaires du CRTC dans le cadre des audiences portant sur la radiodiffusion et la télévision dans les communautés minoritaires au Canada.
Je leur ai notamment indiqué que la télévision, après l'Internet, est le médium le plus utilisé chez les jeunes francophones en milieu minoritaire.
Face à ce constat, j'ai insisté afin que toutes les communautés minoritaires francophones du Canada aient accès à TFO, la seule chaîne de télévision éducative française hors Québec au pays.
Nous avons besoin, en Ontario et au Canada, d'un cadre réglementaire pour promouvoir la télévision française chez nos jeunes.
Je pense que vous allez être d'accord avec moi pour dire qu'en raison de sa popularité, la télévision française est l'un des meilleurs outils pour valoriser notre patrimoine franco-ontarien.
Quant à la radio, on constate une croissance de plus de 50% du nombre de stations de radios communautaires de langue française hors Québec entre 2001 et 2008.
Cette augmentation importante confirme la radio communautaire à titre de formidable outil d'animation et de développement des communautés francophones en situation minoritaire.
Il y a donc de nombreuses pistes à explorer. D'autres supports peuvent être utilisés pour promouvoir notre patrimoine.
J'aime mentionner la magnifique exposition itinérante qui a été produite par le ROPFO, en collaboration avec l'Office des affaires francophones.
Cette exposition réussie démontre que le gouvernement de l'Ontario est un partenaire solide et convaincu du ROPFO.
Depuis son lancement en 2007, l'exposition La francophonie ontarienne : d'hier à aujourd'hui s'est arrêtée dans près d'une centaine de lieux et elle continue encore d'être présentée dans la province.
Et je souhaite que le partenariat entre le ROPFO et l'Office des affaires francophones se poursuive justement avec la stratégie L'Accent sur la jeunesse.
En tout cas, je puis vous assurer que nous serons encore partenaire demain lorsque le nouveau plan d'action sur le patrimoine culturel des franco-ontariens sera mis en oeuvre.
En terminant, j'aimerais rappeler à quel point le 400e anniversaire de la présence française en Ontario sera une belle occasion pour célébrer la francophonie en Ontario.
Nous aurons une foule d'occasions pour mettre en évidence que les Franco-Ontariens sont là, épanouis et bien établis, continuant à prospérer et à vivre en français.
J'ai confiance que le plan d'action que vous allez élaborer va justement donner le ton aux célébrations du 400e et bâtir les assises d'une histoire franco-ontarienne qui demeure vivante, dynamique et remplie d'espoir.
Je vous souhaite une bonne séance de travail et, pour terminer, je vous invite à regarder avec moi la vidéo produite par l'Office des affaires francophones dans le cadre de la stratégie L'Accent sur la jeunesse.
Merci.
- FIN -