La ministre

Discours de l'honorable Madeleine Meilleur,
ministre déléguée aux Affaires francophones et ministre des Services sociaux et communautaires

pour le lancement de la nouvelle définition inclusive de francophone

Le 4 juin 2009

Merci Madame Burstyn de cette aimable présentation et de votre accueil et de celui de l'équipe de la Fondation Trillium.

Je salue et remercie également le chef de la direction de la Fondation Trillium, Monsieur Robin Cardozo.

Nous sommes bien reçus dans ces lieux qui deviendront symboliques pour l'annonce d'aujourd'hui.

Je salue aussi la présence :

Distingués invités, biens chers amis,

Bienvenue à cette rencontre historique pour le lancement d'une définition inclusive de francophone en Ontario.

Nous le savons tous.

L'Ontario n'est plus ce qu'elle était il y a 20 ans.

L'Ontario évolue.

L'Ontario grandit.

Surtout, l'Ontario est devenue une terre d'accueil pour des centaines de milliers de nouveaux arrivants venus de partout dans le monde.

Nous sommes maintenant une société plurielle et diverse sur le plan ethnoculturel.

L'Ontario est vue comme étant un modèle de société fondée sur le respect de la personne, de son patrimoine, de ses valeurs et aussi de sa diversité linguistique.

Que ce soit à Toronto, à Windsor, à Embrun ou même à Kapuskasing, le visage français de l'Ontario change profondément.

Le nombre de personnes parlant le français, en plus d'une langue maternelle autre que l'anglais, augmente de manière importante.

C'est pour cette raison que la communauté m'a souvent interpellée à ce sujet et que le commissaire aux services en français recommandait, l'an dernier, que le gouvernement se penche sur une définition plus inclusive de francophone dans la province.

Le gouvernement désire que les ministères et les organismes communautaires fassent la promotion active du français. Il m'a donc semblé important de répondre à l'appel de la communauté et du commissaire.

J'annonce donc que, dorénavant, une personne francophone en Ontario pourra aussi être définie comme parlant le plus souvent en français à la maison, bien que n'ayant ni le français, ni l'anglais comme langue maternelle.

C'est dire que les allophones de l'Ontario qui parlent le français pourront dorénavant se sentir pleinement accueillis au sein de la grande famille francophone.

Cette question est fondamentale pour notre communauté.

Il s'agit ici d'élargir le cadre de la francophonie et reconnaître la nouvelle réalité sociodémographique de la francophonie ontarienne.

Au-delà des statistiques – qui sont importantes – il faut surtout retenir le fait que les communautés francophones sont dynamiques, qu'elles évoluent et que le gouvernement doit prendre acte de ces changements profonds qui se produisent chez nous.

Un couple d'Haïtiens dont la langue maternelle est le créole mais qui parle aussi bien créole que français à la maison et qui préfère se faire servir en français en Ontario ont les mêmes droits que les francophones de langue maternelle dans sa région.

Un Russe qui a épousé une Franco-Ontarienne et qui parle français à la maison avec ses enfants a le droit de demander à faire soigner son enfant en français au même titre que ses voisins qui ont le français comme langue maternelle.

Ce que je veux montrer avec ces exemples, c'est qu'une région de l'Ontario qui vise la désignation sous la Loi sur les services en français doit tenir compte des besoins des citoyens allophones qui veulent que leur gouvernement les serve en français.

Pour moi, la définition inclusive de francophone s'inscrit parfaitement dans la lignée des autres mesures structurantes et systémiques que le gouvernement de l'Ontario met en place depuis 6 ans pour assurer l'épanouissement de la francophonie ici.

Qu'il s'agisse de la Loi sur les services en français, la politique d'aménagement linguistique, le commissaire aux services en français ou la nouvelle définition inclusive de francophone… toutes ces mesures visent à ériger des assises solides pour le développement de la francophonie.

Ce sont des outils de développement qui, de manière combinée, contribuent au renforcement de la capacité de vivre en français en Ontario et, comme vous, j'en suis très fière.

Il y a d'autres facettes de cette nouvelle définition inclusive de francophone qui m'apparaissent très pertinentes à ce moment-ci de notre développement identitaire.

Je veux mentionner l'appui de la Fondation Trillium de l'Ontario qui s'est jointe à l'Office des affaires francophones pour l'élaboration de la nouvelle définition inclusive de francophone.

Je remercie sincèrement la Fondation pour son appui, son ouverture d'esprit et surtout pour la collaboration que ce partenariat va nourrir au cours des années à venir.

Je remercie aussi l'Office des affaires francophones dont la publication du profil statistique de la francophonie ontarienne faisait déjà la démonstration de la diversité de notre communauté.

Et enfin je remercie l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, qui est un partenaire fiable et durable, qui agit sans relâche pour rassembler les francophones de l'Ontario et défendre leurs intérêts dans notre province.

Chers amis, la définition inclusive de francophone démontre, encore une fois, la vitalité d'une communauté en évolution.

En prônant une approche inclusive de la francophonie, cette définition démontre aussi le leadership de l'Ontario au sein de la francophonie canadienne.

En terminant, permettez-moi d'exprimer quelques souhaits qui pourraient actualiser notre leadership.

La francophonie canadienne est une communauté d'accueil qui s'ouvre sur le monde.

Je souhaite ardemment que tous les gouvernements canadiens adoptent donc une définition plus inclusive de francophone, comme on l'a fait ici.

Je souhaite aussi que cette mouvance entraine Statistique Canada à favoriser une plus grande inclusion francophone dans la collecte des données et l'analyse des recensements nationaux.

Et je souhaite surtout, à l'instar de la nouvelle charte sur la diversité culturelle adoptée par l'ONU en 2007, que l'ONU se penche maintenant sur une charte de la diversité linguistique de manière à faire reconnaître dans le monde entier que le français est un patrimoine mondial qu'il faut non seulement conserver mais qu'il faut aussi promouvoir.

Merci encore pour votre présence et félicitations pour cet excellent travail.

- FIN -