Le samedi 12 septembre 2009
Madame la présidente Routhier-Boudreau,
Chères candidates et candidats à la présidence,
Madame la directrice générale,
Monsieur le commissaire,
Chers amis,
Vous toutes et vous tous membres de la FCFA,
Bonjour,
Je suis vraiment heureuse de pouvoir vous adresser la parole ce midi, dans le contexte de votre assemblée générale annuelle.
Juste avant ce déjeuner, vous avez tenu une table ronde portant sur le thème de « La francophonie, il faut qu'on en parle ».
Oui, il faut parler de la francophonie partout au Canada, en parler souvent, voire tout le temps, et en parler avec conviction et passion.
C'est ce que vous faites si bien, vous les organismes porte-parole et les organismes nationaux regroupés au sein de la FCFA.
Je vous en félicite.
Je vais donc m'inspirer de ce thème pour partager avec vous l'expérience de l'Ontario français.
Notamment, je voudrais aborder avec vous une annonce que j'ai faite en juin dernier et qui a fait beaucoup jaser dans notre province et même en dehors. Je veux parler de la définition inclusive de francophone que le gouvernement de l'Ontario a récemment adoptée.
Je veux vous en parler parce que j'espère qu'elle vous servira d'inspiration, ainsi qu'aux gouvernements des autres provinces.
Pourquoi ? Parce que je pense que cette annonce est révélatrice des grandes évolutions de notre communauté non seulement en Ontario mais au Canada.
Cette définition, élargit ce que constitue un francophone en Ontario.
En d'autres mots, qui peut-on identifier comme étant « francophone » en Ontario?
Certains diront que Statistiques Canada a déjà statué sur la question.
D'autres diront que la question est strictement d'ordre sémantique.
Mais elle ne l'est pas, surtout pas dans une province où la croissance démographique est largement attribuable à l'arrivée d'immigrants.
En Ontario, il y a plus de 1,3 million de personnes qui parlent le français dont un peu moins de la moitié a le français comme langue maternelle.
Ce nombre peut paraître élevé mais il ne l'est pas nécessairement dans le contexte de l'Ontario en pleine expansion et dont la population va bientôt atteindre 12 millions de résidents, soit près de 40 % de l'ensemble de la population canadienne.
En tant que ministre déléguée aux Affaires francophones dans un gouvernement provincial, j'ai la chance d'observer l'évolution de la francophonie canadienne et acadienne comme elle se vit sur le terrain.
Ces observations m'ont amené à un constat.
Il y a une diversité de citoyens au Canada qui ne s'insèrent pas nécessairement dans le « moule » de la francophonie actuelle.
Il y a, bien sûr, ceux qu'on décrit comme étant de souche.
Il y a les ayant-droits à l'éducation en langue française selon la définition constitutionnelle.
Il y a ceux qu'on appelle souvent les nouveaux arrivants, ceux et celles dont la langue maternelle ou la langue de travail est le français.
Mais il y a aussi tous ceux et toutes celles qui connaissent bien le français comme deuxième langue et qui s'identifient comme francophones par leurs associations communautaires, les regroupements sociaux ou encore tout simplement par des choix de vie qu'ils font. Jusqu'à présent, les personnes dans cette dernière catégorie n'étaient pas considérées comme francophones. Seule la langue maternelle comptait.
Suite à ce constat, j'ai donc annoncé en juin qu'une personne en Ontario, bien que n'ayant ni le français ni l'anglais comme langue maternelle, mais qui possède une bonne connaissance du français ou encore parle le plus souvent en français à la maison, pourra dorénavant être définie comme francophone.
C'est donc dire que les allophones en Ontario qui parlent le français pourront dorénavant se sentir pleinement accueillis au sein de la grande famille francophone.
Cette question est importante et va bien au-delà de la sémantique ou de la statistique.
Il s'agit ici d'élargir le cadre de la francophonie et de reconnaître la nouvelle réalité sociodémographique de la francophonie ontarienne.
Au-delà des statistiques – qui sont importantes – il faut surtout retenir le fait que les communautés francophones sont dynamiques, qu'elles évoluent et que tout gouvernement doit prendre acte de ces profonds changements qui se produisent chez nous.
Un citoyen allophone qui désire se faire servir en français, en Ontario, a les mêmes droits que tout francophone de langue maternelle dans sa région.
Une mère allophone qui désire se faire soigner avec son enfant, en français, a droit à ce service au même titre que sa voisine qui se définit comme francophone de souche.
Une région de l'Ontario qui vise la désignation sous la Loi sur les services en français doit absolument tenir compte des besoins des citoyens allophones qui veulent que leur gouvernement les serve en français.
Pour moi, la définition inclusive de francophone s'inscrit parfaitement dans la lignée des autres mesures structurantes et systémiques que le gouvernement de l'Ontario met en place depuis 6 ans pour assurer l'épanouissement de sa francophonie.
Parlons-en de ces mesures structurantes :
Notre gouvernement a toujours prôné une approche inclusive de la francophonie et cette nouvelle définition annoncée en juin dernier en est encore la preuve. Elle démontre – je l'espère – le leadership de l'Ontario au sein de la francophonie canadienne.
Posons-nous la question suivante : est-ce que le moment n'est pas venu d'ouvrir nos portes et élargir l'accès à la francophonie canadienne et acadienne pour inclure ces autres personnes qui adoptent notre belle langue ?
N'y a-t-il pas une valeur ajoutée importante – sans parler des statistiques et de notre positionnement face au gouvernement du Canada – d'inclure ces autres « parlant français » dans nos orientations stratégiques et nos plans de développement ?
Je vous invite toutes et tous à entamer la même discussion dans vos provinces et territoires respectifs ou encore au sein des organismes nationaux.
Je me demande aussi si nous, les francophones et Acadiens du Canada, devrions promouvoir auprès de Statistique Canada une plus grande inclusion francophone dans la collecte des données et l'analyse des recensements nationaux.
Chers amis, je termine en vous disant que le gouvernement de l'Ontario est un allié sûr de la francophonie canadienne et acadienne. C'est pour cette raison que nous avons fait le choix d'élargir la définition de francophone.
Je sais que les Franco-Ontariens sont très bien représentés à la FCFA par l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario et j'en suis très heureuse.
Vive la francophonie canadienne et bonne assemblée générale annuelle !
- FIN -