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Dans le cadre de son mandat de promouvoir l'égalité sociale, économique et juridique des femmes, la Direction générale de la condition féminine de l'Ontario (DGCFO) avait publié, en 1994, la première édition du présent guide, qui avait remporté un grand succès. Déjà à cette époque, la féminisation lexicale, à savoir l'utilisation des formes féminines de titres, postes et fonctions, faisait pratiquement partie de l'usage français de l'Ontario. Les méthodes de rédaction non sexiste consistaient alors à utiliser des raccourcis typographiques et à répéter les formes masculine et féminine tout au long. Cette seconde méthode constituait d'ailleurs le noeud gordien de la résistance aux textes non sexistes.
La seconde édition d'À juste titre a été publiée au début de 1998. Il s'agissait d'une refonte visant surtout à montrer l'évolution de la question dans la francophonie jusqu'à la fin de 1997 et à consacrer plus d'espace à des exemples de rédaction non sexiste. Cette troisième édition, publiée en 2005, fait le point sur les avancées et accorde encore plus d'espace aux procédés et exemples de rédaction non sexiste. Le guide continue de montrer de nombreux exemples, des moins controversés aux plus audacieux. Sauf indication contraire, tous les exemples sont authentiques et ont été tirés principalement des médias franco-ontariens, ainsi que de quelques sources canadiennes, de 1993 à 2004. La date n'est indiquée que si le caractère historique d'un exemple le justifie.
Enfin, il convient de mentionner que la nouvelle orthographe recommandée n'a pas été adoptée dans le présent guide, en raison du caractère authentique de la plupart des exemples qui y figurent et du fait que les autorités compétentes du Canada n'avaient pas encore pris de décision en la matière au moment de la publication. Proposée le 6 décembre 1990 par le Conseil supérieur de la langue de France, la réforme de l'orthographe avait soulevé de nombreuses réticences qui commencent à s'estomper. En cette période de transition, les graphies traditionnelles ne peuvent être condamnées.
Aujourd'hui, pour représenter équitablement l'apport des femmes et des hommes à la société, on a de plus en plus recours à la rédaction sans sexisme, également qualifiée d'« épicène » : des répétitions judicieuses, des tournures neutres ou collectives et des reformulations ingénieuses. Comme par le passé, ce guide a pour but de faire prendre conscience de ces changements linguistiques qui visent à établir un juste équilibre entre la non-discrimination des femmes et une rédaction claire et précise.
Le guide s'adresse particulièrement aux rédactrices et rédacteurs, aux traductrices et traducteurs, aux journalistes et aux scénaristes. Toute personne dont la profession l'oblige à porter une attention particulière à la langue et tout organisme avec un mandat d'éducation publique et d'emploi de langage simple y trouvera de nombreuses suggestions, voire, espérons-le, de l'inspiration.
La plupart des gens pensent que la pureté de la langue est fixée une fois pour toutes dans les dictionnaires et les grammaires. Or, la langue n'est pas statique, elle évolue constamment, pour nommer les nouvelles réalités et les changements sociopolitiques.
L'un des meilleurs exemples de la résistance envers un usage pourtant très vivant est l'orthographe reflétant la prononciation des verbes conjugués à l'imparfait, agréée en 1835. Il a fallu des siècles pour que la graphie je pensais, alors écrite je pensois, soit acceptée. Le grammairien J. Peletier du Mans, rapportait déjà cet écart en 1555 : « Pas un de ceux qui prononçaient j'alès, je fesès, n'auraient osé écrire autrement que j'allois, je faisois. »
La féminisation de la langue est une adaptation de la langue pour refléter de nouvelles réalités sociales. La féminisation a longtemps été perçue avec hostilité, comme un acte politique qui dépassait l'usage « normal » de la langue. Cependant, la population canadienne manifeste depuis près de 50 ans une grande ouverture d'esprit envers la féminisation. En plus de placer le Canada au premier rang des pays francophones dans ce domaine, cette attitude a permis le développement de procédés de plus en plus satisfaisants pour inclure femmes et hommes dans la langue.
En Ontario comme ailleurs, les premières tentatives pour éliminer le sexisme dans la langue exploitaient des signes graphiques comme les parenthèses, les traits obliques, les virgules, les points, les traits d'union et la majuscule de féminisation. C'était un pas dans la bonne direction, qui présentait certains avantages pratiques. Cependant, les linguistes ne recommandent pas ces raccourcis graphiques, tout en les tolérant dans certains cas. En effet, en plus de gêner la lecture, d'introduire des formes aberrantes comme Cher(e)s client(te)s ou Déclarez votre amour à votre dulciné(e)! (qui sont deux exemples authentiques) et de contribuer à l'hostilité à l'égard de la rédaction non sexiste, ces signes contribuent à mettre les femmes « entre parenthèses » ou à les reléguer à l'arrière-plan.
Durant les années quatre-vingt-dix, la rédaction non sexiste, qui dépasse la simple féminisation des titres et la répétition obligée, a fait des progrès remarquables. De nombreux guides d'écriture « épicène » ont vu le jour. Cette forme d'écriture vise une inclusion équitable des femmes et des hommes dans la langue. Elle pose le défi d'éviter le piège de la lourdeur répétitive et de refuser le stéréotype du genre masculin universel. La langue française possède les ressources pour relever ce défi, il suffit d'un peu d'imagination et de créativité.
Le Canada se trouve à l'avant-garde de l'ensemble de la francophonie en matière de féminisation des titres et d'élimination du sexisme dans la langue. Cela veut dire qu'il a souvent été un pionnier, contredisant la grammaire quand elle ne suivait pas le courant et proposant des nouveaux termes et des procédés stylistiques qui n'étaient pas toujours agréés dans les dictionnaires et les ouvrages de référence.
La Suisse s'est inspirée des travaux de féminisation au Canada. En 1989, le Bureau de l'égalité des droits entre hommes et femmes féminise l'ensemble de sa terminologie des métiers et professions, pour respecter un règlement d'État voulant qu'on féminise les avis officiels. Deux ans plus tard, un guide de rédaction non discriminatoire est publié. Un dictionnaire de 4 000 termes paraît l'année suivante et, en 1991, un guide de rédaction non discriminatoire est produit par l'Association suisse pour l'orientation scolaire et professionnelle. La nouvelle Constitution fédérale, entrée en vigueur au début de 2000, tient compte en substance des principes de rédaction non sexiste. En juin 2001, l'État de Genève publie un guide d'aide à la rédaction épicène.
Le 4 août 1978, la Belgique promulgue une loi qui interdit les libellés discriminatoires à l'égard de l'un ou l'autre sexe. Mais les annonceurs satisfont aux obligations de cette loi en employant le masculin générique suivi de la mention H/F ou d'une formule équivalente.
En mars 1989, les autorités belges émettent une proposition de décret pour féminiser les noms de métier. Ce décret est adopté en juin 1993 et a force de loi pour les documents du secteur public (lois, règlements et manuels d'enseignement, entre autres). Pour en faciliter l'application, le Conseil supérieur de la langue française de la Belgique publie le guide Mettre au féminin. Le succès est instantané, car il s'en distribue 42 000 exemplaires. Le secrétaire perpétuel de l'Académie française, Maurice Druon, dénonce ce nouvel usage publiquement. Il se heurte à un refus sans équivoque de la part de son homologue belge Jean Tordeur.
En France, un décret de « tolérances orthographiques » publié en 1977 autorise la reprise d'un nom masculin par un pronom féminin ou l'accord d'un adjectif au féminin qualifiant un nom masculin, comme dans Le capitaine Prieur est actuellement enceinte. Les travaux de la Commission de féminisation des noms de métiers et de fonctions, qui a siégé de février 1984 à mars 1986, donnent lieu à une circulaire émise en 1986 sous la gouverne de Laurent Fabius. On y recommande aux administrations de désigner les femmes par des termes féminins. Dans une circulaire rédigée par deux de ses membres, Georges Duménil et Claude Lévi-Strauss, l'Académie française réplique que le genre masculin fait office de « neutre » en français. Jacques Chirac prend alors le pouvoir et ne donne aucune suite à la circulaire de la Commission.
En juin 1997, quatre ministres détenant des portefeuilles importants au gouvernement français exigent de se faire appeler « Madame la ministre ». Ce titre apparaît dans toute correspondance officielle. Cette initiative historique provoque un tollé de l'Académie française, qui n'hésite pas à faire appel à Jacques Chirac, président de la République, dans une lettre publique rappelant que : « En français, l'espèce homme, ou le genre masculin, si l'on préfère, est du masculin. » Mais la codirectrice des dictionnaires Le Robert, Josette Rey-Debove, accepte le féminin du mot ministre, tout comme des publications aussi prestigieuses que Paris-Match, Libération et Le Monde.
Néanmoins, le 6 mars 1998, une autre circulaire donne de l'impulsion à celle de 1986. L'année suivante, l'Institut national de la langue française et le Centre national de la recherche scientifique publient un guide d'aide à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions, préfacé par Lionel Jospin. Les médias réagissent, quoique modérément en regard du tollé provoqué une décennie plus tôt. Bien plus, la presse écrite et parlée se met à en appliquer les recommandations, inégalement mais graduellement, au fil du temps. Bref, on constate des progrès nets aujourd'hui dans de nombreuses sphères d'activités : la presse et l'édition, la justice, les postes de direction ou de haut niveau, les sports et les arts. Les avancées sont donc pour l'instant fort encourageantes et la résistance envers la féminisation des titres en France s'amenuise.
Pour en revenir au Canada, il faut mentionner l'ouvrage Pour une grammaire non sexiste de Céline Labrosse, publié en 1996. Celle-ci suggère l'emploi de illes, un collectif mixte créé par Françoise Marois en 1987 par une contraction de ils et elles. Céline Labrosse propose aussi de rétablir la règle de proximité pour les accords d'adjectifs (les ingénieurs et ingénieures présentes), une troisième finale pour représenter l'accord mixte pluriel des adjectifs (les terminaisons é-e-s deviendraient ez au pluriel, comme dans les étudiantes et étudiants diplômez) et une troisième série de terminaisons épicènes mixtes (par exemple, les professionnèles). Ces propositions audacieuses ne rallient pas tout le monde.
Enfin, il faut souligner que le Canada est un chef de file en matière de féminisation. Aujourd'hui, la grande majorité des ouvrages de référence sur l'usage du français au Canada comportent désormais une section sur les titres au féminin, voire sur la rédaction non sexiste.
1898 – « La féminisation de la langue est urgente », constate Hubertine Auclert, une féministe française.
1916 – La formule Madame le Docteur est dénoncée par Ferdinand Brunot, une autorité en grammaire française.
1927 – Deux grammairiens, Jacques Damourette et Édouard Pichon, qualifient l'emploi de titres masculins pour désigner des femmes, par exemple « Maître Gisèle Martin, avocat », de dénominations « aussi attentatoires au génie de la langue qu'aux instincts les plus élémentaires ».
1949 – Après avoir prédit l'inéluctable absorption du féminin par le genre masculin en 1936, la linguiste Marguerite Durand avance que l'emploi d'un titre au masculin est neutre. Ce précédent a été la pierre angulaire de l'opposition à la création de titres féminins.
1956 – Le chroniqueur de français du journal Le Droit d'Ottawa, René de Chantal, recommande l'emploi des titres de professions féminisés.
1960 – La Société Radio-Canada préconise l'emploi des titres féminins sur les ondes.
1977 – Au Québec, Lise Payette, première femme à occuper le poste de ministre au pays, exige de se faire appeler « Madame la ministre ». Le titre entre rapidement dans l'usage.
1978 – La linguiste Marina Yaguello publie chez Payot Les mots et les femmes, la première étude exhaustive en français sur la question.
Emploi et Immigration Canada publie le premier lexique officiel de féminins de professions.
La Belgique promulgue une loi pour éliminer la discrimination linguistique, sans que l'usage courant ne change véritablement.
1980 – Le mot-valise Madelle apparaît, en contrepartie à l'anglais Ms. Combinant Madame et Mademoiselle, il vise à éviter de préciser l'état civil d'une femme.
1985 – Au Québec, l'Office de la langue française publie le guide de rédaction non sexiste Pour un genre à part entière.
1986 – Dans la région de la Capitale nationale, le Musée national de l'homme devient le Musée national des civilisations et, plus tard, le Musée canadien des civilisations.
1987 – Dans la revue franco-ontarienne Rauque, Françoise Marois propose la création du collectif pluriel mixte illes.
1990 – La Suisse publie un dictionnaire de 4 000 titres, fonctions et grades féminisés, en s'inspirant des travaux du Canada.
1992 – En France, les médias désignent Édith Cresson par la formule Madame le premier ministre, malgré des débats publics sur la question.
Dans sa deuxième édition, le Multidictionnaire des difficultés de la langue française présente la plupart des féminins de professions reconnus.
1993 – Kim Campbell, première femme à diriger le Canada, opte pour le titre de première ministre désignée
Le Petit Robert incorpore des formes féminines de professions.
1996 – Céline Labrosse, dans Pour une grammaire non sexiste, encourage l'emploi de illes, propose de nouvelles finales pour les adjectifs pluriels mixtes et souhaite rétablir la règle de proximité pour les accords d'adjectifs.
1997 – À l'initiative de quatre femmes ministres, pour la première fois de l'histoire politique de la France, le titre « Madame la ministre » est employé.
Mary McLaren est la première femme à occuper le poste de gentilhomme huissier de la verge noire au Sénat canadien. Sa nomination entraîne la création immédiate du titre féminin de huissière du bâton noir.
1998 – Le Petit Larousse précise que l'emploi de « la ministre » est courant en Belgique, au Canada et en Suisse, et familier en France.
La Fédération des professionnelles et professionnels salarié-e-s et des cadres du Québec devient la Fédération des professionnèles (professionnèle, sur le modèle de fidèle, inclut alors les femmes et les hommes). Trois de ses syndicats lui emboîtent le pas peu après.
1999 – La majuscule de féminisation fait son apparition (les étudiantEs, les marchandEs, les citoyenNEs).
2001 – En France, l'ouvrage Femme, j'écris ton nom... Guide d'aide à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions est publié par l'Institut National de la Langue Française.
2005 – L'Office québécois de la langue française s'apprête à publier le guide Avoir bon genre. Signe des temps, l'ouvrage d'une centaine de pages s'attardera particulièrement aux procédés de formulation neutre et de féminisation syntaxique.
La présente section porte sur les différents procédés de rédaction non sexiste et en décrit les avantages et les inconvénients, au moyen d'exemples authentiques d'usage et de recommandations de réécriture. On constatera que, en matière de rédaction sans discrimination linguistique, il vaut souvent mieux trouver un juste équilibre entre un style clair et précis et la répétition constante des deux genres, quitte à reformuler une phrase ou un texte.
Les génériques, qu'ils soient féminins ou masculins, désignent aussi bien des femmes que des hommes (direction, gens, personne). Certains sont des collectifs (communauté, électorat, etc.). Les génériques sont indiqués pour remplacer des termes ne reflétant plus la réalité contemporaine, par exemple scientifiques pour hommes de science.
Exemples
Exemples de réécriture possible
Comme elles comportent des formules impersonnelles (utilisation de verbes à l'infinitif, de substantifs, etc.), les tournures neutres conviennent particulièrement bien aux formulaires, aux descriptions de tâches, aux publications officielles, aux conventions collectives et même à la langue des médias.
Exemples
Les adjectifs indéfinis et les tournures impersonnelles, voire les verbes à l'infinitif, contribuent à la teneur non sexiste d'un texte. Il suffit parfois aussi, selon le contexte, de mettre les épicènes au pluriel ou de transformer un adjectif en nom.
Exemples créés
| Passer au neutre | |
|---|---|
| les responsabilités de tuteur | de tutorat |
| le directeur, la directrice | la direction |
| la réunion des employés | du personnel |
| la collaboration de chacun des membres | de chaque membre |
| le ou la responsable devra | les responsables (selon le contexte) |
| un cours du programme de l'étudiant | un cours du programme choisi |
| avec obligation pour eux | avec obligation de leur part |
| sans qu'il ait à débourser des frais | sans encourir de frais |
| s'ils le font, on annulera | le cas échéant, on annulera |
| vous êtes convoqués | nous vous convoquons |
Il est très facile de rédiger des offres d'emploi respectant les principes de la rédaction non sexiste. Le plus souvent, il suffit d'écrire le titre au féminin et au masculin et de rédiger le corps du texte dans un style neutre, en utilisant le générique personne et des tournures qui évacuent le genre grammatical
Exemple créé
Dans les titres d'annonces d'emploi, l'utilisation des parenthèses pour indiquer la forme féminine est tolérée en raison des contraintes d'espace.
Exemples
On a parfois recours à l'alternance des genres et à l'emploi d'épicènes dans la même phrase. Le procédé présente l'avantage de la concision, tout en rendant les femmes visibles. Cependant, l'emploi d'un trop grand nombre d'épicènes au pluriel masque la forme féminine. C'est donc un procédé à utiliser avec circonspection.
Exemple
On écrit la forme féminine au long, à côté de la forme masculine, sans raccourcir (voir l'Annexe B « Règles de formation du féminin »).
Exemples
Faire preuve de jugement
Comme le mentionne le guide La féminisation au gouvernement de l'Ontario (mai 2003, p. 5), « Il arrive que les stratégies de rédaction non sexiste ne parviennent pas à rendre une phrase non sexiste sans le recours aux doublets des formes masculine et féminine. L'usage de ces doublets ne doit cependant pas entraver la lisibilité des textes ni leur intelligibilité. » L'exemple suivant illustre bien que l'utilisation abusive des doublets peut alourdir la phrase et la rendre difficile à lire :
Doivent-ils ou elles apprendre les valeurs qui feront d'eux et d'elles de « bons citoyens et de bonnes citoyennes » ou doivent?ils ou elles acquérir ces trois bagages?
Au singulier, les termes épicènes, dont la forme est identique au féminin et au masculin, sont accompagnés des articles la et le ou un et une.
Exemple
Le recours aux mots épicènes au pluriel est désormais une pratique bien établie en rédaction non sexiste, pour sa concision. Cela s'explique peut-être par la grande fréquence de ces mots en français : 35 % des noms communs de personne et 43 % des adjectifs ont la particularité d'être épicènes.
Exemples
Quelques épicènes, de A à Z
architecte
bibliothécaire
cadre
décisionnaire
économiste
fleuriste
gestionnaire
hygiéniste
interprète
journaliste
kinésithérapeute
linguiste
médecin
notaire
optométriste
photographe
réceptionniste
spécialiste
toréador
urbaniste
vétérinaire
zoologiste
Comme le fait la DGCFO dans ses propres documents, il est possible de mettre le féminin en premier dans les textes. D'autres organismes préfèrent l'usage du masculin suivi du féminin.
Exemples
Pour l'accord de l'adjectif et du participe, on suit généralement les règles habituelles du français. L'accord se fait souvent au masculin pluriel pour les mots qui se rapportent au féminin et au masculin dans la phrase. C'est le procédé le plus concis.
Exemples
Il arrive que l'adjectif s'accorde au féminin et au masculin, parce que sa forme change beaucoup selon le genre, ou parce que l'adjectif est placé avant le nom.
Exemples
Une remarque s'impose pour les substantifs et les adjectifs épicènes, c'est-à-dire dont la forme est pareille au masculin et au féminin. Certains prétendent que l'accord au masculin pluriel peut faire perdre la visibilité des deux genres. Cependant, l'utilisation d'adjectifs épicènes est désormais un procédé courant en rédaction non sexiste.
Exemple
L'ancienne règle de l'accord de proximité a refait surface en 1996. Certains organismes du Québec l'ont adoptée, mais son utilisation ne rallie pas tout le monde.
Exemple
Cette règle devrait être employée avec précaution, car elle risque d'être utilisée à mauvais escient. Dans certains cas, on pourrait penser faire un accord de proximité mais commettre, en fait, une ellipse erronée. Dans l'exemple ci-dessous, il aurait fallu écrire « de professeure adjointe », puisque l'adjectif fait partie du titre du poste.
Exemple
Après avoir employé les formes masculine et féminine d'un substantif, on a généralement recours au pronom masculin pluriel. On retrouvera des contextes où la reprise s'effectue avec deux pronoms, quand les deux genres n'ont pas été explicitement désignés ou pour d'autres raisons.
Exemples
Il convient de noter que la rédaction non sexiste consiste souvent à éviter ces répétitions, par des reformulations syntaxiques ou l'emploi de termes passe-partout et génériques.
Proposé en 1987, le pronom collectif illes a été relancé en 1996. Son usage est encore marginal et le restera peut-être, mais on en retrouve des contextes au Canada comme en Europe.
Exemples
Les raccourcis typographiques sont à proscrire dans les textes suivis. Ils sont tolérés dans les formulaires, les tableaux et les offres d'emploi (voir la rubrique A), en raison des contraintes d'espace.
Exemples tirés de formulaires
Dans les textes suivis, le recours aux points, points médians, barres obliques, parenthèses, majuscules et traits d'union gêne la lisibilité (encore plus que la répétition) et ne respecte pas la grammaire. De plus, les traits d'union et les points peuvent occasionner des problèmes de division des mots en fin de ligne. Tous ces procédés sont à proscrire.
Exemples
Le même commentaire s'applique à certaines abréviations qui vont à l'encontre de la grammaire. Elles doivent donc aussi être évitées, tout comme la mention h/f.
Exemples
En principe, on devrait répéter les articles et les adjectifs devant chacune des formes lorsqu'on utilise les deux genres en toutes lettres. Cependant, il est admis d'omettre la répétition si le féminin et le masculin désignent le même groupe de personnes, ainsi que dans les longues énumérations.
Exemples
L'ellipse consiste à supprimer un mot ou un groupe de mots. Son emploi demande de la prudence, pour ne pas causer d'ambiguïté. Il ne faut pas supprimer le deuxième mot d'un nom composé (lieutenante-gouverneure) ni les titres formés d'un nom et d'un adjectif, à moins que l'adjectif ne soit épicène. Dans les exemples ci-dessous, les [] indiquent l'ellipse.
Exemple d'ellipse réussie (l'adjectif scolaire est épicène)
Exemple d'une ellipse d'adjectif incorrecte (l'adjectif syndical fait partie du titre et doit s'accorder en genre)
Exemple d'une ellipse de nom composé incorrecte (il faut maintenir l'élément adjoint dans directeur-adjoint, qui est un nom composé)
Dans certaines situations, l'emploi du féminin générique reflète la réalité du milieu. C'est le cas du domaine des services à l'enfance et des soins de santé, où on retrouve une proportion très élevée de femmes.
Exemple
La rédaction recourant au féminin générique a déjà eu pour but de « bien faire sentir aux hommes ce que c'est d'être exclu du langage » (Les Ami-e-s de la terre). Cela a eu le mérite de présenter des défis de rédaction intéressants. Cependant, cet emploi entraîne des problèmes semblables à ceux du recours au masculin générique.
Exemples
En plus d'exclure les femmes, le masculin générique peut être source d'équivoque.
Exemples
Dans certains cas, le recours au masculin générique peut créer un « effet » plutôt cocasse.
Exemple
Dans les exemples ci-dessus, il convient donc d'éviter le masculin générique.
L'emploi d'un titre au masculin pour désigner une femme est devenu très rare au Canada. Cependant, si une femme en fait la demande explicite, il faut respecter son choix.
Dans la même veine, on évitera d'employer une note en début de texte affirmant que la forme masculine désigne les hommes et les femmes, pour des raisons de concision.
Il existe des situations où il est difficile d'éviter l'emploi du masculin générique. Au Canada, à divers paliers de gouvernement, les appellations de titres de programmes ou de politiques, ou de noms de bureaux ou d'unités administratives, sont souvent au masculin. De plus, des termes comme employeur, client et fournisseur s'emploient aussi au masculin, quand ils désignent des entreprises et non des personnes précises.
Les origines de la « règle » voulant que le masculin l'emporte sur le féminin
En 1647, le grammairien Vaugelas estime que « le genre masculin étant le plus noble, il doit prédominer ». En 1767, le grammairien Nicolas Beauzée confirme cette règle : « Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin, à cause de la supériorité du mâle sur la femelle. » À la même époque, Mme de Genlis se fait appeler gouverneur des enfants du duc d'Orléans, au lieu de gouvernante.
Les propositions de Pour une grammaire non sexiste
En 1996, l'ouvrage de Céline Labrosse propose une série de rectifications audacieuses qui élimineraient les répétitions et le recours aux raccourcis typographiques. Ses propositions ne font pas l'uninamité. En voici la liste principale :
Le collectif mixte illes
La réactivation de la règle de la proximité pour l'accord
L'utilisation du z dans les pluriels d'adjectifs comme finale épicène
L'adoption d'une finale épicène en e pour plusieurs adjectifs à partir de terminaisons déjà existantes
En voici quelques exemples :
Rédiger sans exclure une partie de la population exige une attention soutenue. Cependant, la langue française offre de nombreux procédés qui permettent l'emploi des deux genres de façon efficace, agréable à lire et concise. À chaque rédactrice et rédacteur de traduire la réalité à sa manière.
La langue est à la fois le reflet et le moteur de notre société. Ce petit guide fait partie des tentatives pour refléter la réalité qui nous entoure. En proposant des procédés stylistiques pour mettre en lumière l'apport des femmes et des hommes à la collectivité, il contribue à l'évolution de l'usage de la langue. Il aura véritablement accompli son travail quand son contenu sera dépassé...
L'emploi de titres féminins pour désigner les femmes est considéré comme désormais acquis. On emploie des féminins usuels qui sont conformes aux règles de la grammaire française (voir l'Annexe B « Règles de formation du féminin »). Pour les termes qui ne changent pas de forme au féminin et au masculin (termes épicènes), on emploie les articles la ou une. Si une femme tient à son titre au masculin, il faut respecter son choix.
Exemples
Les sages-femmes en cravate
L'accès des hommes à la profession de sage-femme en France a exigé la création d'un nouveau titre, à cause de la résistance envers l'équivalent masculin sage-homme. En 1980, l'Académie française recommande le terme maïeuticien, dont Le Petit Robert donne cette définition en 2003 : « Homme qui exerce la profession de sage-femme ». Voici les conclusions qu'on peut en tirer...
Enfin, il convient de mentionner que, en 2005, les milieux de la santé (et les mamans) utilisent sage-homme, au Canada comme en Europe, et même en Afrique francophone.
Terminaison en -e
Ces noms sont souvent épicènes. Au féminin, ils sont accompagnés de l'article la ou une. En voici quelques exemples représentatifs des diverses graphies finales : agronome, architecte, journaliste, juge, photographe, politologue, responsable, stagiaire ou webmestre.
Maire et mairesse coexistent dans l'usage. Le mot maître est féminin dans maître de langue et maître X, avocate. La forme maîtresse se retrouve dans contremaîtresse et maîtresse de poste, bien qu'on emploie également maître de poste. On considère chef comme épicène (la chef).
Terminaison en -é
Le e final marque la forme féminine, comme dans chargée de cours, députée ou préposée.
Terminaison en -is
Le e final marque la forme féminine. Il s'agit d'une terminaison très rare pour les titres. Marquise en est l'un des rares exemples.
Bien que le féminin commise ait été attesté en 1920 et accepté par Le Robert en 1951, on considère aujourd'hui commis comme épicène (une commis).
Terminaison en -l
La marque du féminin de ces noms est un e final, parfois le, par exemple une générale, une consule, une professionnelle.
Terminaison en -n
Au féminin, la finale est e ou ne. Les termes artisane, écrivaine, aide-mécanicienne en constituent quelques exemples.
On considère mannequin, marin, médecin et témoin comme épicènes (une mannequin, une marin, une médecin et une témoin).
Terminaison en -ais ou -ois
Le e final marque la forme féminine. De nombreux gentilés et noms de nationalités ou peuples se terminent par -ois ou -ais. Les termes Sudburoise ou Outaouaise en sont deux exemples.
Terminaison en -t ou -d
La consonne finale est suivie d'un e pour les termes féminins. En voici des exemples : agente de bord, adjointe administrative, soldate, marchande.
On considère camelot, matelot et substitut comme épicènes (une camelot, une matelot et une substitut).
Terminaison en -er
Le féminin de la finale -er est -ère. On aura ainsi une boulangère et une greffière.
Terminaison en -eur
Il existe trois finales féminines correspondant à -eur : -euse, -trice et -eure.
La plupart des mots au féminin se terminent par -euse, notamment cadreuse, chroniqueuse, décideuse, bruiteuse ou éboueuse. Il se rattache parfois une connotation péjorative à cette terminaison, comme dans le cas d'entraîneuse. L'usage spontané hésite toujours entre entraîneure et entraîneuse sportive.
Plus les professions sont de type intellectuel et se rapprochent du pouvoir, plus la résistance envers la finale -euse est forte, comme le montre l'emploi de chercheure et professeure, désormais fermement implantés dans l'usage, au lieu des féminins réguliers chercheuse et professeuse.
Il existe également des formes féminines attestées depuis longtemps : traductrice, animatrice, instigatrice, réalisatrice.
La finale en -eure a provoqué beaucoup de querelles linguistiques. L'usage canadien a retenu plusieurs formes en -eure, comme auteure, ingénieure, metteure en scène, procureure, superviseure. Cependant, la prudence s'impose envers -eure, dont la popularité fait oublier l'existence de chroniqueuse et même de directrice.
Les noms de peuples
Traditionnellement, on employait le masculin générique dans les contextes historiques, les manuels et les traités d'histoire. On avait ainsi les Franco-Ontariens, les Acadiens, les Canadiens. Les nouveaux manuels d'histoire comportent souvent la répétition au long, comme Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes. Les discours de politiciens et politiciennes tiennent souvent compte des deux sexes, ne serait-ce qu'à certains passages stratégiques.
Les noms composés
Les éléments féminins des noms composés respectent les règles exposées pour chaque terminaison, par exemple aide-infirmière, assistante-réalisatrice, assureure-vie, briqueteuse-maçonne, ingénieure-conseil, sapeuse-pompière et vice-présidente.
Dans experte-conseil, conseil est invariable.
Cette section comprend quatre extraits de textes dont les versions révisées exploitent divers principes énoncés dans le guide. La réécriture proposée ne représente qu'une possibilité parmi d'autres choix linguistiques et stylistiques.
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Texte 1 Est membre : une auteure ou un auteur, ou une collaboratrice ou un collaborateur ayant publié au moins un livre. On entend par collaboratrice ou collaborateur, comme exemple, une illustratrice ou un illustrateur, une photographe ou un photographe, une directrice ou un directeur de rédaction, une ou un critique littéraire. Statuts et règlements, Association des auteures de l'Ontario, 1988 |
Version révisée Est membre une auteure, un auteur, une collaboratrice ou un collaborateur ayant publié au moins un livre. La collaboration peut comprendre l'illustration, la photographie, la direction de rédaction ou la critique littéraire. Statuts et règlements, Association des auteurs de l'Ontario français, « document de travail », novembre 1993 |
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Texte 2 Comme prévu, Bombardier a remercié en fin de semaine les quelque 600 travailleurs saisonniers qu'elle avait embauchés le printemps dernier afin d'assembler ses modèles Ski-Doo dans ses ateliers de Valcourt. (30 mots) |
Version révisée Comme prévu, Bombardier a éliminé en fin de semaine quelque 600 emplois saisonniers créés au printemps dernier pour l'assemblage des modèles Ski-Doo dans ses ateliers de Valcourt. (27 mots) |
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Texte 3 La demande d'ouvriers qualifiés augmente chaque jour. Les gens de métier, comme les électriciens, les mécaniciens d'automobiles, les monteurs de lignes électriques, les imprimeurs, les ferronniers, les mécaniciens?monteurs et les plâtriers, gagnent de bons salaires. Ils exercent un métier motivant et satisfaisant. Et ils ont la possibilité d'obtenir un poste de direction ou de fonder leur propre entreprise. (58 mots) |
Version révisée La demande d'ouvrières et d'ouvriers qualifiés augmente chaque jour. Les gens de métier en électricité, en mécanique automobile, en montage de lignes électriques, en imprimerie, en ferronnerie, en mécanique de montage et en plâtrerie, gagnent de bons salaires. En plus d'exercer un métier motivant et satisfaisant, il leur est possible d'obtenir un poste de direction ou de fonder leur propre entreprise. (61 mots) |
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Texte 4 L'étudiant(e) idéal(e) a été défini(e) par les jeunes eux-mêmes. Selon eux, le jeune idéal est créatif, travailleur, intéressé à apprendre, actif et impliqué à l'école et dans sa communauté. L'étudiant(e) fait preuve d'indépendance, il/elle est organisé(e) et ouvert(e) d'esprit. Le jeune a confiance en lui, il/elle est respectueux(se) et il/elle a l'esprit critique. Par ailleurs, il/elle est motivé(e), attentif(ve), responsable et enthousiaste. Il/Elle est bilingue et se fixe des buts à long terme. Il/Elle est réfléchi(e), il/elle communique avec son entourage et il/elle a une attitude positive devant la vie. (90 mots) |
Premier exemple de version révisée Les jeunes ont défini l'élève* modèle. À leur avis, ce jeune ou cette jeune possède de la créativité, aime travailler et apprendre, et joue un rôle actif à l'école et dans sa communauté. L'élève fait preuve d'indépendance, a le sens de l'organisation et a l'esprit ouvert. Le respect, la confiance en soi et l'esprit critique font partie de ses qualités personnelles. L'élève possède de la motivation, est attentif ou attentive, responsable et enthousiaste. Il ou elle est bilingue, se fixe des buts à long terme, fait preuve de prudence, communique avec son entourage et manifeste une attitude positive devant la vie. (107 mots) * Le terme étudiant a été remplacé pour deux raisons : 1) élève est épicène, ce qui représente un procédé de rédaction non sexiste; 2) dans le domaine de l'éducation élémentaire et secondaire, étudiant est une impropriété, car il est réservé au palier postsecondaire. Deuxième exemple de version révisée Voici la définition de l'élève exemplaire, par les jeunes mêmes. À leur avis, il ou elle possède de la créativité, aime travailler et apprendre, et joue un rôle actif à l'école et dans sa communauté. L'élève modèle fait preuve d'indépendance, a le sens de l'organisation et a l'esprit ouvert. Le respect, la confiance en soi et l'esprit critique font partie de ses qualités personnelles, tout comme sa motivation, sa délicatesse, son sens des responsabilités et son enthousiasme. L'élève exemplaire est bilingue, se fixe des buts à long terme, fait preuve de prudence, communique avec son entourage et manifeste une attitude positive devant la vie. (104 mots) Troisième exemple de version révisée Les jeunes ont défini l'élève exemplaire comme une personne qui :
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